Assassinat de Valentin Vermeesch: les cinq faits marquants de la troisième semaine

HUY

Assassinat de Valentin Vermeesch: les cinq faits marquants de la troisième semaine

Photo: Heymans

Huy -

Voilà trois semaines que la cour d’assises de Liège se penche sur l’affaire Valentin Vermeesch, ce jeune Wanzois de 18 ans qui a été torturé par ses «amis» avant d’être jeté vivant dans la Meuse.

Lors de cette troisième semaine, on en apprit plus sur les cinq accusés. Les témoins de moralité étaient convoqués devant la cour d’assises. Les parents mais aussi les amis ou encore les éducateurs étaient convoqués à la barre. Et ce sont les anciens professeurs de Valentin ainsi que ses parents qui ont ouvert cette semaine. La semaine prochaine, les témoins de moralité de Loïck Masson et de Killian Wilmet seront entendus. On entendra par ailleurs le réquisitoire de l’avocate générale. Ensuite place à la défense des accusés.

Retour sur cinq faits marquants survenus cette semaine.

1. La gentillesse de Tino

Gentil, inoffensif, le premier à rendre service, toujours de bonne humeur, poli, protecteur envers ses frère et sœur, fusionnel avec sa grand-mère, généreux, espiègle: les témoins de moralité de Valentin sont unanimes quand il s’agit de le décrire.

Le témoignage peut-être le plus poignant est venu d’un autre oncle, le frère de la maman de Valentin. Un homme de 40 ans, brisé par le chagrin. «Certes, il était dans un milieu précaire mais de l’amour, il en avait et il en donnait. C’était une bonté, toujours pour aider. On a dit de lui que c’était un mongol mais, finalement, c’est peut-être les gens comme lui, les gens normaux. Il n’avait pas de haine ou de colère, lui», faisant référence à «l’attitude désinvolte» des accusés. «Pour eux, c’est comme si la vie de Valentin n’avait rien valu. Ils lui ont pris sa vie, sa dignité et ça ne leur suffit pas encore. Ils n’ont pas eu un mot pour lui…»

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2. L’amour d’une mère

La maman d’Alexandre Hart, 52 ans, femme au foyer, a été entendue devant le tribunal. Elle a décrit l’enfance d’Alexandre ainsi que son adolescence. Elle a expliqué qu’ils ont tout fait pour leur fils en vain...

La maman, qui continue d’aller voir régulièrement son fils en prison, culpabilise beaucoup. «Si j’avais mis des limites, des cadres, il n’en serait peut-être pas arrivé là mais je ne sais pas, je n’aurai jamais les réponses. Il avait besoin d’être très cadré et moi, j’avais trop besoin de devoir lui donner de l’amour que pour le cadrer. Je lui en veux pour ce qu’il a fait et je l’aime en même temps, j’ai l’impression que tout est de ma faute parce que je l’ai trop couvé. C’est dur d’aimer son enfant en sachant ce qu’il a fait et de ne pas avoir su l’aider mais je ne le lâcherai pas…»

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3. Belinda, une vie sans repères

Pour Belinda, ce n’est pas le même scénario. Belinda Donnay, 22 ans, a été ballottée toute son enfance et son adolescence. À tous les niveaux. Elle a vécu dans des familles recomposées où gravitaient dix demi-frères et sœurs. Des déménagements, elle en a connu dix et des écoles, au moins neuf. Autant dire que Belinda n’a jamais réussi à s’ancrer, à trouver sa place. «Elle n’a manqué de rien sauf de repères», a détaillé l’enquêteur devant la cour.

Sa maman a refusé de comparaître comme témoin de moralité. Elle a fait savoir qu’elle se sentait trop faible psychologiquement et qu’elle remettait un certificat médical. «Elle estime que Belinda n’est plus la fille qu’elle a élevée et qu’elle doit aussi protéger ses autres enfants.» a expliqué l’enquêteur.

Le père de Belinda a encore précisé de son côté que sa fille tente de se construire un avenir en prison. «Elle s’occupe beaucoup et elle a repris des cours pour obtenir son diplôme de fin d’études. Elle veut apprendre un maximum de choses et elle essaye de se projeter dans un avenir, même si elle ignore encore le sort qui lui sera réservé par le procès. J’ai reconstruit quelque chose de solide avec elle et, quoi qu’il arrive, je ne la laisserai pas tomber», a insisté le père.

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4. Dorian a pris conscience de la gravité des actes

La mère de Dorian a précisé que Dorian Daniels avait réalisé en prison la portée des actes commis. Il a reconnu avoir participé aux faits de coups portés à Valentin. «Il est attristé par ce qui est arrivé et il comprend ce qu’il a fait. Il s’en veut énormément. Il y a eu une évolution en prison de sa prise de conscience. Il a toujours dit qu’il devait être puni pour ce qu’il a fait», a précisé la mère.

5. Ils l’ont dit

Belinda

Son père tente de reconstruire une relation avec sa fille: «Cette situation particulière nous a fait oublier cette pause qu’on a eue. On a réussi à reconstruire quelque chose de solide. Jamais je ne la laisserai tomber.»

La grand-mère maternelle:«Je n’étais plus en contact avec Belinda depuis des années. Mais quand elle a eu besoin d’affaires pour son studio, elle m’a contactée. J’ai apporté lit, vaisselles, draps, four… Je suis partie après 5 minutes et elle n’a plus jamais donné de nouvelles. Elle fait les choses en fonction de ce qui l’arrange. Elle est immature.»

Alexandre

Une cousine : «Je l’ai hébergé pendant un mois, il était sevré à la fin. Je l’aurais gardé pendant des années s’il avait fallu.» «On a serré la vis pour le sortir de l’alcool, la drogue et de ses fréquentations, ajoute son mari. Ça s’est extrêmement bien passé, il était métamorphosé. On était heureux en voyant qu’on lui avait donné du bon.»

Un demi-frère d’Alexandre : «Tout seul, ça va, mais en groupe, c’est un autre.»

Un ancien patron d’Alexandre : «Il était là sans y être, bizarre et avait toujours ce sourire narquois mais j’ai été étonné par les faits parce que je n’avais jamais ressenti de méchanceté chez lui.»

Une prof de maths d’Alexandre : «Je trouvais qu’il avait l’air très seul.»

Un maçon/patron: «Il était intelligent, poli, très réservé. Il voulait évoluer mais il a été influencé par un de mes ouvriers: ils faisaient la fête ensemble le week-end et n’étaient donc pas très en forme sur chantier le lundi. Il avait du respect pour moi, j’en avais pour lui: j’en ai gardé un bon souvenir.»

Valentin

Une ancienne voisine: «Il avait un sourire d’ange. Il était toujours pour aider.»

Un ami : «Si les services sociaux avaient encadré la famille, Valentin aurait pu être sauvé mais il est passé à la trappe, alors qu’il avait des aptitudes, des capacités.» Un ami de Valentin

Un voisin des parents: «C’était quelqu’un de très attachant, j’avais envie de l’aider. Il venait jouer à la PlayStation chez moi, on essayait de le stimuler avec ma compagne. Valentin manque à beaucoup de monde…»

La demi-sœur de la maman Aux accusés:«C’est dégueulasse, ce que vous avez fait à Valentin. C’est crapuleux!»

Dorian

Un ami : «Il se sentait mal et il pleurait dans sa chambre. Il a décidé de se rendre à la police pour se dénoncer

Un ami: «C’est un homme poli, réservé et timide. Je ne vois pas de mal en lui. Mais il était naïf et influençable. Il faisait trop vite confiance aux mauvaises personnes. Je l’avais mis en garde par rapport à ses relations avec Alexandre Hart».

Maman: «Il est attristé par ce qui est arrivé et il comprend ce qu’il a fait. Il s’en veut énormément. Il y a eu une évolution en prison de sa prise de conscience. Il a toujours dit qu’il devait être puni pour ce qu’il a fait»

Grand-mère: « Cet enfant n’aurait jamais fait de mal à un animal. Il n’aurait pas tué une mouche! Il m’a affirmé qu’il n’a pas tué Valentin. Mais il a reconnu sa participation aux faits de coups.»

 

 

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