Après 18h de débat, la réforme du tronc commun approuvée en commission du Parlement
Ce nouveau tronc commun entend doter tous les jeunes d’un même socle de savoirs et de connaissances.Crédits: REPORTERS
ENSEIGNEMENT

Après 18h de débat, la réforme du tronc commun approuvée en commission du Parlement

Après un débat-marathon de près de 18 heures, la commission Éducation du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé mercredi dans la nuit le projet de décret modifiant la formation commune qui sera dispensée à l’avenir à tous les élèves de Wallonie et de Bruxelles, et ce dès la maternelle jusqu’à la troisième année du secondaire.

La redéfinition et modernisation de ce tronc commun constitue l’un des deux grands piliers du Pacte pour un enseignement d’excellence, l’autre étant la réforme de la gouvernance scolaire déjà validée ces derniers mois par ce même parlement.

Ce nouveau tronc commun, qui sera pour l’occasion rallongé d’un an, entend doter tous les jeunes d’un même socle de savoirs et de connaissances dont la maîtrise est jugée indispensable dans la société du 21e siècle.

Pour ce faire, la grille horaire des cours a été revue, et les référentiels -qui servent à la confection de programmes de cours dans les différentes écoles de Wallonie et de Bruxelles – ont été réécrits et actualisés. Ils avaient en effet déjà près de 20 ans d’âge.

Le futur tronc commun s’articulera autour de sept domaines d’apprentissage: le français, les arts et la culture; les langues modernes; les mathématiques, les sciences et la technique; les sciences humaines, la philosophie et la religion; l’éducation physique; la créativité et l’engagement; et enfin la capacité d’«apprendre à apprendre».

Vu les piètres performances actuelles de l’école francophone, la réforme met l’accent sur l’acquisition et la maîtrise des savoirs de base (lire, écrire, compter) ainsi que la connaissance de la langue française.

Elle ambitionne aussi d’offrir à chaque élève un bagage pédagogique polytechnique et pluridisciplinaire, avec notamment des cours d’informatique, l’acquisition de compétences manuelles, une initiation aux arts et à la créativité, etc.

L’apprentissage des langues modernes sera par ailleurs renforcé: l’enseignement d’une première langue moderne débutera ainsi pour tous dès la 3e primaire. Une seconde langue moderne suivra à partir de la 2e secondaire.

Pour lutter contre l’échec et le redoublement, chaque élève pourra bénéficier de deux heures hebdomadaires d’«accompagnement personnalisé» pour faire face à d’éventuelles difficultés.

La mise en œuvre de ce nouveau tronc commun devrait débuter dès 2020 dans le maternel, avant d’être étendue aux deux premières années du primaire à la rentrée 2021. L’extension aux années d’enseignement suivantes sera ensuite appliquée selon une progression annuelle afin d’atteindre la 3e secondaire autour de 2028.

À l’issue de ce parcours formatif, les élèves se verront décerner un ‘certificat du tronc commun’. Ils pourront alors poursuivre soit dans l’enseignement général, soit dans l’enseignement qualifiant (qui doit être lui aussi revalorisé).

Le décret a été adopté mercredi aux petites heures par la majorité PS-cdH.

Opposé depuis toujours à cet allongement du tronc commun, le MR a bataillé toute la journée et une bonne partie de la nuit contre un texte qui va, selon lui, entraîner «un nouveau nivellement par le bas» de l’enseignement francophone.

L’opposition Écolo s’est, elle, abstenue.

Ce projet de décret devrait être définitivement validé le 2 mai prochain à l’occasion de toute dernière séance plénière du Parlement de la Fédération avant les élections du 26 mai.

Avec ce vote, qui donnera une forme législative cohérente au Pacte pour un enseignement d’excellence, la majorité PS-cdH bouclera le plus important des chantiers ouverts sous cette législature en Fédération Wallonie-Bruxelles.