FRANCE

VIDÉOS | Toulouse proclamée «capitale des gilets jaunes» pour l’acte 22, des heurts éclatent

Des milliers de protestataires manifestent samedi à Toulouse, proclamée «capitale des gilets jaunes» pour leur 22e samedi consécutif d’action, dans l’attente des annonces ces prochains jours du président Emmanuel Macron censées mettre un terme à une crise de près de cinq mois.

La tension est montée samedi à Toulouse dès le début de la manifestation de milliers de «gilets jaunes» dans la ville, proclamée «capitale» du mouvement pour son 22e acte, avec de premières charges policières pour cantonner le cortège, a constaté l’AFP.

Moins d’une heure après le début du cortège, les manifestants se sont heurtés à des barrages policiers sur la grande avenue, point de départ du rassemblement menant au centre historique.

Très vite, les forces de l’ordre ont avancé pour réduire le périmètre, en lançant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Des manifestants restaient sur place dans un face-à-face tendu, émaillé de tirs de projectiles vers les forces de l’ordre, d’autres se dispersant. Un engin de chantier des travaux menés sur l’avenue a été incendié.

«Vous avez vu: tout se passait bien et ils nous gazent», s’est indigné auprès de l’AFP Fly Rider-Maxime Nicolle, une des figures du mouvement, venu en renfort dans la ville. «J’ai décidé de venir car il y avait un appel national» à faire de Toulouse, un des bastions du mouvement, l’épicentre de cet acte 22, «mais je suis déçu de cette réponse», a-t-il ajouté. Il a dénoncé comme une «campagne de com’à 12 millions» le grand débat lancé par l’exécutif.

Plus loin, sur un axe perpendiculaire, quelques centaines de manifestants répondant à un appel de la CGT se regroupaient pour un deuxième cortège, convoqué à 14H.

La manifestation des «gilets jaunes», non déclarée, a été interdite d’accès à la place du Capitole, dans le centre historique, mais non sur le parcours où les premiers heurts ont éclaté.

Des rassemblements à Paris, Marseille, Grenoble ou Lille

À Paris, quelques centaines de personnes ont commencé à défiler, selon un journaliste de l’AFP. «Urgence climat», «Macron on n’attend rien de vos annonces», «dissolution de l’AN, états généraux citoyens», pouvait-on lire sur les pancartes de tête.

Ces rassemblements, comme ceux prévus à Marseille, Grenoble ou Lille, sont les premiers à se dérouler sous le coup de la loi anticasseurs, particulièrement ciblée par les manifestants. Cela laisse au pouvoir «encore plus la liberté de faire tout et n’importe quoi» contre le mouvement, a déploré Priscillia Ludosky, l’une de ses figures, venue en renfort à Toulouse où Fly Rider-Maxime Nicolle est aussi attendu.

Non-déclarée, la manifestation a été interdite d’accès, comme depuis fin mars, à la place emblématique du Capitole. Et plus de 800 policiers et gendarmes étaient prévus, selon la Dépêche du Midi.

S’ils se soldent toujours par des heurts, les cortèges toulousains ont perdu ces dernières semaines en violences. Se félicitant de cette amélioration, le maire Jean-Luc Moudenc s’est toutefois dit «inquiet» car «beaucoup de monde est attendu». Mais ni la municipalité ni les associations de commerçants n’ont souhaité une opération «ville morte».

A Paris, le premier cortège rejoindra en début d’après-midi Place de la République la marche pour «la liberté de manifester», organisée par plusieurs associations (dont LDH, Amnesty, Attac, Unef, SOS Racisme…). La préfecture de police a interdit tout rassemblement sur les Champs-Élysées et les rues perpendiculaires. Régulièrement imposées depuis la mi-mars, les interdictions partielles de manifester concernent aussi nombre d’autres villes: Lille, Lyon, Montauban…

La semaine dernière, l’acte 21 avait rassemblé 22.300 personnes dans les rues en France, selon l’Intérieur, soit le plus faible décompte officiel depuis le 17 novembre. Sur la page Facebook du «Nombre jaune», les «gilets jaunes» revendiquaient eux plus du triple.

La possibilité d’un sursaut, en riposte à la tentative de reprise en main du chef de l’État inquiète. M. Castaner s’en est fait l’écho. «La menace semble plus forte pour le 20 avril, vous avez vu un certain nombre d’appels qui invitent quasiment à détruire Paris. Je crois qu’aujourd’hui, on a perdu tout le sens de la manifestation, on a perdu tout le sens de la revendication, il n’y en a plus. C’est le rituel du samedi», a-t-il déploré.