VIDEO | Le ras-le-bol du chauffeur de taxi tournaisien tourne au vinaigre
Depuis dix ans, Jean-Luc Menet ne demande qu’une seule chose: que les automobilistes respectent la signalisation en place.Crédits: EdA
TOURNAI

VIDEO | Le ras-le-bol du chauffeur de taxi tournaisien tourne au vinaigre

Samedi soir, un chauffeur de taxi qui entendait faire respecter certaines règles de stationnement a été tabassé par un automobiliste.

Certains diront sans doute, à la lecture des circonstances de l’agression dont Jean-Luc Menet a été victime ce samedi soir à Tournai (voir ci-dessous), que s’il «s’est fait taper dessus, c’est qu’il l’a bien cherché…».

Et pourtant, si la situation a dégénéré, c’est aussi parce que le jeune homme se bat, en vain, depuis des années pour que les automobilistes respectent les bandes réservées aux transports en commun et taxis ainsi que les emplacements de stationnement spécifiques pour ce type de véhicules. Nous lui avions déjà consacré un reportage pour un sujet similaire en 2010 et rien n’a véritablement évolué depuis cette époque. Ce combat, qu’il poursuit plus spécifiquement sur le plateau de la gare et sur la Grand-Place, l’a même conduit au burn-out et à un arrêt de travail de cinq mois.

En septembre 2010, nous avions réalisé la vidéo suivante sur le combat mené par le jeune chauffeur de taxi devant la gare de Tournai:

 

«Les automobilistes qui ne respectent pas nos emplacements ou les bandes de circulation réservées aux bus et taxis ne se rendent peut-être pas toujours compte du préjudice qu’ils nous causent. Par exemple, en raison de l’encombrement que cette situation provoque, rien que sur le parvis de la gare, par exemple, le compteur de mon taxi affiche déjà une facturation de 5€ pour le client quand j’arrive au feu rouge vers le boulevard alors qu’il ne devrait pas dépasser 2,50€.Quand j’arrive sur la Grand-Place et que toutes les places réservées aux taxis sont occupées, je dois me mettre en double file et c’est moi qui suis sanctionné par la police. Alors que je vois régulièrement des combis passer du côté de la gare sans qu’un agent ne fasse la moindre remarque aux automobilistes qui ne respectent pas la signalisation en place. Trop, c’est trop…»

 

«Ce qui me fait peur, c’est ma réaction lors d’une prochaine agression»

 

«Samedi, vers 23 h 30, explique Jean-Luc Menet, j’ai pris mon service de nuit à la gare de Tournai mais une voiture était – une fois de plus – stationnée sur un emplacement réservé aux taxis. Je me suis alors volontairement garé de manière à ce que le conducteur ne puisse pas ouvrir sa portière. Quand il est revenu, j’ai baissé ma vitre pour lui expliquer qu’il était sur un emplacement réservé aux professionnels mais je n’ai pas eu le temps d’en placer une, il m’a assené un coup de poing au visage…» Résultat: 4 jours d’arrêt de travail pour le taximan qui pense désormais éviter la gare de Tournai. Une plainte sera déposée mais ce coup de poing, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Lequel n’a cessé de se remplir au fil des dix ans de combat que même le jeune homme pour que l’on respecte, enfin, son métier.

 

Quelques idées pour améliorer les choses…

 

En septembre 2010, Jean-Luc Menet organisait donc déjà une action de sensibilisation devant la gare de Tournai afin d’inviter les automobilistes à ne plus emprunter la bande réservée aux bus et taxis et permettre ainsi de fluidifier la circulation pour ce type de transport. Depuis, mis à part l’asphaltage du parvis et le tracé de nouveaux marquages, dont une zone de dépose-minute entre la bande de circulation réservée aux voitures et une autre pour les bus, rien n’a vraiment évolué. Il suffit de rester sur place moins de dix minutes pour se rendre compte que la signalisation est aujourd’hui tout aussi ignorée qu’hier.

VIDEO | Le ras-le-bol du chauffeur de taxi tournaisien tourne au vinaigre
La signalisation en place est pourtant claire… Photo: EdA

Aussi, le chauffeur mécontent suggère que l’on place des obstacles physiques (permettant juste un passage pour les piétons avec leurs bagages) entre les deux bandes de circulation. Cela n’empêchera sans doute pas certains récalcitrants de continuer à emprunter la bande réservée au bus et taxis, mais elle dissuader ceux qui se garent au centre de déboucher sur la bande de droite quand ils quittent leur emplacement.

Le taximan plaide aussi pour que toutes les bandes de circulation réservées aux bus le soient également aux taxis. Il faut savoir qu’en ce domaine, on rencontre deux cas de figure: des voies exclusivement réservées aux bus identifiées par un signal F18 où le mot «bus» est encadré par deux bandes blanches continues ou des voies également ouvertes aux taxis où le mot «bus» est encadré par des bandes discontinues. Or, à Tournai, il semblerait que, le long des boulevards notamment, l’on passe de l’une à l’autre sans réelle logique. Une uniformisation en ce domaine permettrait aux taximans d’y voir plus clair et de gagner un temps précieux en répondant aux attente de leurs clients en toute sécurité