Ce qu’il faut savoir sur «La Ligue du LOL», ce groupe de journalistes accusés de cyberharcèlement
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Ce qu’il faut savoir sur «La Ligue du LOL», ce groupe de journalistes accusés de cyberharcèlement

Un groupe Facebook privé, rassemblant notamment des journalistes français, baptisé «La Ligue du LOL», a été dénoncé publiquement. Ces pratiques, sous couvert de l’humour, pouvaient se résumer à du cyberharcèlement.

Depuis ce week-end, les membres de «La Ligue du LOL» ont été exposés et une liste de noms circule sur plusieurs sites. Les membres de ce groupe privé sur Facebook ont, pendant plusieurs années, pratiqué le harcèlement sur les réseaux sociaux.

Les personnes harcelées témoignent aujourd’hui de ce qu’elles ont vécu. Commentaires racistes, sexistes, homophobes, grossophobes. Le tout parfois organisé en raid, à plusieurs, pour inonder la personne de ces critiques.

De quoi détruire la confiance en soi de certaines jeunes journalistes. Et de les détruire tout court.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une véritable tempête médiatique est en cours en France, pour dénoncer les agissements de ce groupe d’individus. Certains n’ont pas réalisé l’ampleur de leurs actes. D’autres sont restés passifs. Beaucoup s’excusent ces derniers jours. Mais le mal est fait.

«Au début des années 2010, j’ai été invité dans un groupe privé comme il y en avait beaucoup à l’époque, dans lequel plein de twittos tenaient un véritable observatoire des trucs drôles de Twitter», raconte Henry Michel sur Facebook, l’un des membres de la «Ligue».

«On se moquait de tout ce qui passait sur Twitter, mais les blagues les plus lourdes je me les permettais car elles restaient entre nous. […] Progressivement les persos visés étaient plus récurrents, plus obsessionnels, le LOL disparaissait, alors je me suis barré, et je n’ai pas vu la suite».

«Une cour de récré dans laquelle rien n’a de conséquence»

Vincent Glad, journaliste à Libération et fondateur du groupe, a publié hier soir une lettre d’excuses sur Twitter.

«L’objectif n’était pas de harceler des femmes. Seulement de s’amuser. Mais rapidement, notre manière de s’amuser est devenue très problématique. […] Nous n’avons pas vu qu’en nous moquant ainsi de certains, cela pouvait devenir un enfer», écrit-il. «Je voyais juste une grande cour de récré, dans laquelle rien n’avait de conséquence».

 

 

Des excuses rejetées dans beaucoup de commentaires. En effet, les agissements de «La Ligue du LOL» avaient été dénoncés depuis 2010 et ont pourtant continué. D’autres pointent qu’il est facile de s’excuser maintenant que l’affaire est dévoilée publiquement.

Que des journalistes reconnus et occupant parfois à des postes à responsabilité aient pu ne pas comprendre la portée de ce genre d’agissements est d’autant plus écœurant, devine-t-on encore dans certaines réactions.

À l’époque des #MeToo, #BalanceTonPorc et autres mouvements en faveur d’un plus grand respect des femmes, force est de constater que l’égalité femme-homme, qui devrait être la norme, ne l’est pas encore assez. Le combat continue.

 

 

Démission et mise à pied (mise à jour: 16h30)

 

La direction de Libération a annoncé la mise à pied «à titre conservatoire» de deux de ses journalistes, dont les noms sont apparus dans cette affaire. Il s’agit du responsable Web de Libération, Alexandre Hervaud, et de Vincent Glad. Par ailleurs, une «enquête interne» a été ouverte.

Stephen des Aulnois, fondateur du «magazine en ligne de culture porno» Le tag parfait, a annoncé quitter son poste de rédacteur en chef.

David Doucet, rédacteur en chef Web des Inrocks, a aussi été «mis à pied à titre conservatoire» par Les Inrocks, selon une source proche du magazine, une procédure préalable à son licenciement.