Attentat au Musée juif de Belgique: l’audition commence par une prise de bec entre le parquet et la défense
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BRUXELLES

Attentat au Musée juif de Belgique: l’audition commence par une prise de bec entre le parquet et la défense

Le procès sur l’attentat au Musée juif se poursuit vendredi avec l’intervention de parties civiles. L’audience a toutefois commencé par une question plus juridique, le parquet demandant le visionnage des auditions filmées du principal accusé, Mehdi Nemmouche, et une expertise psychiatrique sur base de celles-ci. Une demande pas vraiment appréciée par la défense.

L’avocat général délégué au parquet fédéral, Yves Moreau, a demandé vendredi matin à la présidente de la cour le visionnage des auditions vidéofilmées de Mehdi Nemmouche, accusé d’être l’auteur de l’attentat au Musée juif. «De mon point de vue, ces auditions sont très intéressantes», a-t-il affirmé. «On y entend par exemple le point de vue sur les juifs de M. Nemmouche, il a une attitude comme s’il était au Club Med, il affiche des sourires narquois, rigole, fait de l’humour», a illustré l’avocat général.

Il a également demandé que ces films soient soumis aux experts psychiatres, estimant que ces auditions permettraient de dresser un profil de l’accusé.

Pour la défense, cette demande reflète «une position de repli totale du parquet depuis que nous avons prouvé qu’il n’y avait pas d’ADN sur la porte», s’est exclamé Me Laquay, l’un des avocats de Mehdi Nemmouche. Mercredi, Yves Moreau avait admis devant les jurés que les traces ADN sur la porte du Musée juif, duquel on ne pouvait ni inclure, ni exclure l’ADN de M. Nemmouche, avaient en réalité été relevées à un endroit que le tueur n’avait pas touché.

«Le procès est en train de dévier totalement», a dénoncé Me Laquay. Ce dernier s’est également étonné de la demande du parquet alors que celui-ci «s’est opposé à notre demande de visionner des émissions de quelques minutes. Ici, on demande de regarder des auditions de plusieurs heures».

Enfin, l’expertise psychiatrique insurge l’avocat de la défense, qui souligne que des devoirs complémentaires auraient dû être exigés à la juge d’instruction. «Comment des experts vont-ils rendre un rapport psychiatrique sur la base de réponses par ‘oui’ ou ‘non’«, s’est-il interrogé.

Pour Me Courtoy, autre avocat de M. Nemmouche, «jamais aucun expert ne va dire que M. Nemmouche est un brave type» en regardant ces auditions, a-t-il souligné. Il a pointé du doigt les expertises réalisées sur Mounir Atallah, un temps suspecté de complicité avant de bénéficier d’un non-lieu. «Il était décrit comme un sociopathe», a-t-il affirmé, parlant de la psychiatrie comme une «pseudo-science».