VIDÉO | Le bel hommage de trois ados à la sidérurgie liégeoise
Pierre Cenné et Thibaut Vandendyck, deux des trois jeunes qui ont consacré leur énergie à réaliser ce reportage.Crédits: ÉdA Hermann
BASSE-MEUSE

VIDÉO | Le bel hommage de trois ados à la sidérurgie liégeoise

Trois ados originaires de la région de Visé ont passé leurs vacances à réaliser un reportage sur l’usine de Chertal et en particulier sur les personnes qui y ont passé une partie de leur vie. Même à 16 ans, on peut s’intéresser au passé sidérurgique de la région.

Les hauts-fourneaux, Chertal, la coulée continue, les phases à chaud et à froid, ce sont des termes qui n’évoqueront sans doute plus grand-chose pour les générations à venir, malgré le passé sidérurgique de la région liégeoise. Un peu à contre-courant, trois adolescents de la région de Visé ont pourtant décidé de participer au devoir de mémoire, en donnant la parole aux hommes et aux femmes qui ont travaillé sur ce gigantesque site de 180 hectares, à l’arrêt depuis 2012.

Pierre Cenné (17 ans, de Visé), Thibaut Vandendyck (16 ans, d’Aubin-Neufchâteau) et Maxime Offermann (16 ans, de Warsage) ont passé leurs dernières grandes vacances à réaliser un documentaire d’une trentaine de minutes sur Chertal, en rassemblant les souvenirs de travailleuses et de travailleurs.

Les trois potes sont passionnés d’urbex (pour «exploration urbaine»), une discipline qui consiste à se rendre dans des lieux abandonnés, figés, pour s’imprégner de l’ambiance et bien souvent en faire des reportages photographiques.

«Le but premier, c’est de se retrouver entre potes. Mais il y a aussi la petite dose d’adrénaline qui nous plait», le fait de pénétrer dans ces lieux désaffectés n’étant pas tout à fait autorisé. Les trois ados prônent cependant un respect des sites qu’ils visitent. «On n’emporte rien, on ne casse rien, on ne vandalise jamais», préviennent-ils.

Chertal, une histoire de famille

En tant qu’habitants de la Basse-Meuse, le site de Chertal s’est imposé à eux, assez naturellement. «Nos pères y ont travaillé, cela a vraiment fait partie de nos histoires de famille, de notre enfance», racontent Thibaut et Pierre. Dans la région, rares sont les familles dont l’histoire n’est pas liée de près ou de loin à celle de Chertal et de sa fermeture.

Le sujet demeure sensible. «Les emplois, les sous-traitants, tous les emplois indirects, le commerce dans la région: tout a changé depuis la fermeture», témoignent-ils. Les habitants en parlent assez peu, si ce n’est pour évoquer les incessants vols de métaux qui s’y produisent et qui, paradoxalement, constituent une forme d’activité permanente sur le site. Pierre, Thibaut et Maxime ont quant à eux choisi de rendre ces souvenirs vivants, humains.

«Les anciens parlent de Chertal comme d’un village à part entière», avec une pointe de nostalgie. Ils se sont souvent approprié leur outil de travail, au fil des années. «Il y a énormément d’anecdotes. Peut-être qu’ils idéalisent un peu leurs souvenirs, mais tous semblent heureux d’avoir travaillé là.»

VIDÉO | Le bel hommage de trois ados à la sidérurgie liégeoise
Photo: Thierry du Bois © Reporters (archives 2011)

Pour leur reportage, les trois garçons ont eux-mêmes filmé Chertal, notamment avec un drone. ArcelorMittal ne les ayant pas autorisés à accéder au site pour réaliser les interviews, celles-ci se sont déroulées à la Maison de la métallurgie et de l’industrie de Liège (MMIL). Avec l’aide d’un ancien de Chertal, ils sont parvenus à contacter et à mobiliser plusieurs anciens travailleurs. «Grâce à ces coups de pouce, tout s’est déroulé à merveille.»

Le documentaire s’est réalisé dans une certaine discrétion, vis-à-vis de leurs parents notamment. Mais une avant-première a été organisée en novembre, à la MMIL. «Il y avait de l’émotion. Les gens étaient assez surpris du résultat.»

Heureux d’avoir pu rendre hommage à ce mastodonte de la sidérurgie, qui marque toujours le paysage de leur région, Thibaut, Pierre et Maxime envisagent à présent la réalisation d’autres documentaires. Les sites désaffectés ne manquent pas et la motivation est intacte.

VIDÉO | Le bel hommage de trois ados à la sidérurgie liégeoise
Photo: Thierry du Bois © Reporters (archives 2011)

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