Proximus détaille son plan: 1900 emplois menacés au cours des trois années à venir
BELGIQUE

Proximus détaille son plan: 1900 emplois menacés au cours des trois années à venir

La direction de Proximus a confirmé que 1900 emplois devraient disparaître au cours des trois prochaines années. Quelque 1250 engagements sont également prévus.

Cette décision fait partie d’une nouvelle stratégie appelée #shifttodigital, «afin d’évoluer d’une entreprise de télécommunications à un fournisseur de services digitaux», peut-on lire dans un communiqué de l’entreprise télécoms.

«Proximus doit changer sa façon de travailler, devenir plus flexible, renforcer les compétences de ses employés au niveau numérique et adapter sa structure de coûts pour qu’elle soit davantage compatible avec le marché», explique la société.

En outre, l’entreprise «envisagera également la possibilité de réduire davantage son personnel d’environ 1.900 collaborateurs au cours des 3 prochaines années, en ligne avec la réduction prévue de la charge de travail». La société vise une réduction brute supplémentaire des coûts de l’ordre de 240 millions d’euros d’ici 2022.

Le nombre de postes supprimés peut encore changer suite aux négociations sociales avec les syndicats. La phase de consultation et d’information commence dès ce jeudi.

En termes de recrutement, 750 sont prévus «pour la poursuite du développement des activités TIC dans différentes filiales» et 500 au sein de Proximus SA «dans les nouveaux domaines numériques».

«Nous voulons accélérer la transformation de Proximus afin de relever les défis du monde digital en pleine expansion et sécuriser l’avenir de l’entreprise. Nous sommes conscients des inquiétudes que tous ces changements vont susciter au sein des équipes, mais l’accélération de la digitalisation et les conditions disruptives de marché ne nous laissent pas le choix», conclut Dominique Leroy, la CEO de Proximus, citée dans le communiqué.

Les syndicats introduisent un préavis de grève

Les syndicats ont introduit un préavis de grève à la suite de l’annonce du plan de restructuration de la direction de Proximus afin de couvrir les employés qui réagiraient émotionnellement.

«Il est inacceptable que la réduction des coûts ne se fasse que sur le dos du personnel», a réagi à l’issue de la réunion Laurent Malengreau, vice-président CGSP pour le secteur télécom-aviation. Si un préavis de grève est déposé, les syndicats n’appellent toutefois pas à l’action.

La réunion avec la direction de l’entreprise de télécommunications n’a pas rassuré les syndicats: Proximus va supprimer 1.900 emplois et procéder à 1.250 recrutements. «La manière de travailler est réformée en vue de se diriger vers la digitalisation», a expliqué M. Malengreau. «Il est vrai que certaines structures de l’entreprise ne sont plus à jour et toute une partie du personnel devra être formée, ce qui sera entièrement à charge de l’entreprise. Mais chacun n’aura pas la capacité ou le potentiel de s’adapter à cette digitalisation», a-t-il pointé, citant notamment les membres du personnel plus âgés.

Les syndicats regrettent en outre un manque de clarté quant aux profils visés. «Chaque employé est potentiellement concerné. 1.900 suppressions, ça représente une personne sur six», s’est exclamé Stéphane Daussaint, de la CSC Transcom. «Dorénavant, tout le monde va craindre pour la stabilité et l’évolution de son emploi», a-t-il souligné, ajoutant qu’il s’agissait bien de suppressions d’emploi, avec éventuellement des licenciements en bout de course.

«Les travailleurs méritent plus de respect que cela. Nous n’avons pas reçu d’informations supplémentaires que le communiqué de presse envoyé», a pointé le syndicaliste de la CSC. «Nous comprenons qu’une réduction des coûts soit nécessaire mais nous n’acceptons pas qu’elle se fasse uniquement sur le dos du personnel, qui doit toujours s’adapter encore plus», a enchaîné M. Malengreau. «On ne touche pas au conseil d’administration ou aux dividendes, et cela est inacceptable. Pourquoi est-ce toujours les mêmes qui doivent payer?»

Les syndicats vont désormais informer les travailleurs. Un agenda a été convenu avec la direction, qui «veut entretenir le dialogue social» selon les syndicats. Les représentants des travailleurs doivent encore consulter leur base pour recevoir un mandat de négociation.