BRUXELLES

«Héroïne, coke, crack...»: les riverains filment le défilé des toxicomanes dans le quartier Alhambra

Seringues, junkies, prostitution de rue, agressivité: les riverains du quartier Alhambra postent une nouvelle vidéo choc qui dénonce les nuisances dans leurs rues. À deux pas de leur potager, les toxicomanes défilent pour acheter leur dose.

Les riverains du quartier Alhambra, au nord du Pentagone bruxellois, défrayent une nouvelle fois la chronique ce 9 août. Pour dénoncer les nuisances que connaissent leurs rues, ils postent une vidéo alarmante sur Facebook.

Pipes à héroïnes, seringues, bouteilles d’ammoniac et même excréments humains voisinent désormais quotidiennement le petit potager urbain que les riverains ont planté dans la rue de l’Épargne. «Quand le dealer vient à 7h du matin avec sa marchandise sur la voie publique, il y a 15 junkies qui font la file», assure le Comité Alhambra dans le texte de ras-le-bol qui accompagne leur vidéo choc. Les images montrent que certains prennent leur dose en effleurant les tomates encore vertes.

«Pendant 3 jours, du 1 au 3 août 2018, nous avons filmé à trois endroits du quartier toutes les nuisances liées à la drogue en rue: potager Alhambra, rue Saint Jean Népomucène et rue des Commerçants. Le résultat est déprimant», déplorent les riverains. Parmi les risques évoqués: «les seringues qui, en plus des habitants et de leurs enfants, peuvent blesser ceux qui nettoient les rues et entretiennent les bacs à plantes», «les cambriolages de voitures et maisons», les squats de garages, arrière-cours et caves, l’impossibilité pour les enfants de jouer dans la rue ou encore «l’agressivité des toxicomanes en manque d’une dose».

Le comité de quartier pointe la prostitution comme cause principale de ces nuisances quotidiennes: «bon nombre de prostituées achètent de la cocaïne. Certaines combinent cocaïne et whisky, ce qui les rend volubiles et agressives. Et désormais, les prostituées héroïnomanes racolent surtout de jour. S’il leur faut une dose d’urgence, elles abordent tout homme qu’elles croisent et proposent leurs services à des prix parfois dérisoires».

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Cette vidéo surgit un an après des premières images choc que le comité de quartier avait filmées d’un toxicomane se droguant sous leurs fenêtres. Le but évidemment: interpeller les autorités. «Comme toujours, le Comité Alhambra plaide pour des mesures structurelles comme des salles de shoot, du Housing First, un suivi psychologique et médical mais aussi administratif». Plus pragmatiquement, les habitants en appellent à une réponse des autorités. «Ces nuisances doivent être prises à bras-le-corps par nos dirigeants. Car c’est bien l’absence depuis des années d’une lutte efficace et structurelle contre le problème de la prostitution de rue sauvage qui attire aujourd’hui ces nouvelles nuisances».

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