Un quatrième opérateur télécoms lorgne le marché belge
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BELGIQUE

Un quatrième opérateur télécoms lorgne le marché belge

Il existe déjà un «intérêt clair» d’un opérateur à devenir le quatrième acteur sur le marché des télécoms en Belgique, aux côtés de Proximus, Orange et Telenet (Base), a confirmé mercredi l’Institut belge des postes et télécommunications (IBPT).

Cette confirmation vient après que le ministre compétent en la matière Alexander De Croo a fait savoir plus tôt qu’il souhaitait profiter de la mise aux enchères des fréquences mobiles de l’an prochain pour faire venir un nouvel acteur sur le marché belge.

«Il y a un opérateur qui a montré un intérêt clair pour devenir le quatrième acteur potentiel sur ce marché en Belgique», ressort-il ainsi d’une consultation de l’IBPT. L’Institut ne souhaite toutefois pas donner davantage de détails sur l’identité de cette entreprise ni indiquer si celle-ci est belge ou étrangère, à la demande de cette dernière, justifie encore l’IBPT.

Le ministre des Télécommunications Alexander De Croo a fait savoir mercredi matin qu’il souhaitait l’arrivée d’un quatrième opérateur télécoms en Belgique. Il entend profiter de la mise aux enchères des fréquences mobiles de l’an prochain pour le faire venir et lui réserver une partie des fréquences.

En plus des fréquences actuelles, dont les licences expirent en mars 2021, de nouvelles seront mises aux enchères, notamment pour l’utilisation de la 5G à partir de 2020.

 

Test-Achats ravi

 

L’arrivée potentielle d’un quatrième opérateur télécoms constitue «un pas important dans la bonne direction», réagit mercredi après-midi Test-Achats. L’organisation de consommateurs salue en effet toute initiative visant à augmenter la concurrence en la matière. Cela ne suffira cependant pas en tant que tel à faire baisser les prix, ajoute-t-elle.

Appeler, envoyer des SMS et surfer sur internet en Belgique coûte bien plus cher que dans les pays voisins, souligne Test-Achats. «Un utilisateur intensif (nombreux appels/SMS et au moins 1GB de données mobiles) paye en Belgique en moyenne le double que ce même utilisateur aux Pays-Bas ou en Allemagne. En France, il ne paierait que le tiers de ce qu’un Belge doit débourser chaque mois», illustre l’organisation de consommateurs.

Selon elle, les prix demeurent au même niveau, «élevé», en Belgique. Cela car la concurrence a désormais lieu sur le marché des packs, constate-t-elle. Avec les nombreux services qui les accompagnent, les clients changent en effet moins facilement d’opérateur. Le marché du 4play (internet, TV et téléphonies fixe et mobile) représente aujourd’hui 29% de parts de marché, d’après les dernières statistiques de l’IBPT.

La proposition du ministre ne peut dès lors atteindre son objectif que si ce quatrième opérateur mobile peut également proposer des packs à des tarifs concurrentiels, prévient Test-Achats. «Tant que les conditions d’accès aux réseaux fixes ne seront pas attractives, aucun opérateur alternatif ne souhaitera tenter de concurrencer les opérateurs actuellement présents sur le marché», analyse l’organisation de consommateurs.

Une conclusion de «manque de concurrence» partagée il y a quelques semaines par les quatre régulateurs sur le marché haut débit et radiodiffusion, rappelle-t-elle.

Dans une réaction, le ministre De Croo assure comprendre l’inquiétude de Test-Achats. Un processus est en cours pour assouplir les règles d’accès aux réseaux câblés et de fibre optique pour les acteurs alternatifs, précise son cabinet.

La Commission européenne a donné son feu vert à de telles mesures et l’Institut belge des postes et télécommunications (IBPT), le régulateur du secteur, va publier une analyse sur le sujet d’ici la fin du mois, ajoute-t-on.

Les nouveaux opérateurs bénéficieront d’un accès à un tarif équitable à tous les réseaux fixes, alors que, selon le ministre De Croo, les acteurs existants auront toujours assez d’impulsions pour investir dans ces réseaux

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