Remplir les objectifs d’énergie verte coûtera jusqu’à 73 milliards d’ici 2040
-Crédits: Ariane Fourmy
BELGIQUE

Remplir les objectifs d’énergie verte coûtera jusqu’à 73 milliards d’ici 2040

La Belgique devra investir entre 29 et 44 milliards d’euros de plus que prévu entre 2020 et 2040 si elle entend remplir les objectifs énergétiques fixés par l’Union européenne, a calculé le Bureau fédéral du Plan.

La Commission européenne a dressé une feuille de route à l’attention de ses États membres à la suite de l’accord de Paris sur le climat. Celle-ci doit permettre une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GAS) de 40% à l’horizon 2030 par rapport à 1990. Pour 2050, cette baisse doit atteindre 80%.

Pour la Belgique, la diminution des émissions de GAS dans les secteurs ne faisant pas partie du système européen d’échange de permis d’émission (comme l’agriculture, le transport ou l’agriculture) est fixée à 35% pour 2030 par rapport à 2005.

Le Bureau du Plan est catégorique: à politique inchangée après 2020, la Belgique ne sera pas capable de remplir ses objectifs. Trois trajectoires alternatives, impliquant des mesures proactives en la matière, ont dès lors été élaborées.

Dans le scénario le plus ambitieux, la Belgique peut réduire ses émissions de GAS d’un tiers d’ici 2030 par rapport à 1990 tout en conservant son industrie, avec la poursuite de la croissance économique et en tenant compte de l’augmentation de la population. Cette diminution peut même être de moitié pour 2040, estime le Bureau du Plan.

La part des énergies renouvelables est également amenée à augmenter. Celle-ci pourrait représenter un cinquième du mix énergétique en 2030. Pour l’ensemble de l’Union, l’objectif est supérieur, à savoir 27%.

Ces performances ne pourront cependant pas être réalisées sans de lourds investissements. Selon le scénario, une première enveloppe de 11 à 17 milliards d’euros devra être dégagée entre 2020 et 2030. Sans nouvelle mesure, l’addition atteindra déjà cinq milliards d’euros.

Pour la décennie suivante de 2030 à 2040, une somme supplémentaire de 14 à 15 milliards d’euros devra être prévue, contre six milliards d’euros à politique inchangée.

À ces montants conséquents, il faut encore ajouter les investissements nécessaires dans les réseaux de distribution, qui devraient atteindre 14 à 20 milliards d’euros d’ici 2030 et 19 à 21 milliards d’euros d’ici 2040. À politique inchangée, la facture s’élèvera au total à 18 milliards d’euros.

Globalement, la Belgique devra donc investir jusqu’à 73 milliards d’euros entre 2020 et 2040, soit 44 milliards de plus qu’escompté à politique inchangée après 2020. Il s’agit là de 2,8 à 3,7 milliards d’euros par an. Même dans le scénario a minima, il est question d’un coût supplémentaire de 29 milliards d’euros.

Le Bureau du Plan souligne que les investissements prévus sont «énormes», mais également nécessaires pour répondre à la demande et remplir les objectifs européens. De plus, cet argent générera des bénéfices supplémentaires: création d’emplois, croissance économique, coûts moindres pour la santé publique.

La Belgique doit remettre une première version de son plan national intégré en matière d’énergie et de climat à la Commission en fin d’année. La version définitive du texte doit être prête pour la fin 2019.

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