Il violait son fils: «Je ne savais pas que c’était mal»
Le récit du petit garçon a réveillé chez son papa de tristes souvenirs.Crédits: Reporters / Photononstop
Charleroi

Il violait son fils: «Je ne savais pas que c’était mal»

Le parquet requiert huit ans de prison contre Claude, aussi soupçonné d’attouchements sur son petit-fils.

Décembre 2013, Brandon (prénom d’emprunt) revient d’une semaine de vacances passées à Marchienne chez son grand-père Claude. Et le petit garçon de 6 ans dévoile à plusieurs personnes, dont son institutrice, que celui-ci lui a «pincé le zizi».

Au sein de la famille, c’est la consternation. Brandon est plutôt pudique et n’a pas l’habitude de mentir. Et son récit bouleverse particulièrement Xavier, son papa, qui voit remonter à la surface des souvenirs abjects enfouis depuis son enfance dans les tréfonds de son cerveau. Dès l’âge de 7 ans, il a en effet subi les assauts sexuels de Claude, son propre père. Attouchements, fellations mutuelles: Xavier a vécu un véritable calvaire qui a duré près de sept ans.

La double affaire est finalement arrivée aux oreilles de la Justice et Claude s’est retrouvé devant les enquêteurs. Pour l’attentat à la pudeur sur son petit-fils, il nie formellement: «Je suis peut-être passé sur son sexe avec un gant de toilette en le lavant, mais il n’y avait rien de sexuel », affirme ce petit homme aux lunettes en tessons de bouteille. Pour son fils, en revanche, Claude reconnait les faits avec un détachement à faire froid dans le dos. «Je ne savais pas que c’était mal. C’est après que je me suis rendu compte. Quand j’étais écolier, j’ai participé à des jeux sexuels. Pour moi, c’est devenu la norme ».

Aux enquêteurs, Claude évoquera également l’affaire Dutroux comme déclenchement de sa prise de conscience… sauf que les faits sur son fils ont commencé en 1997, soit après la découverte des corps de Julie, Mélissa, An et Eefje. Pour le parquet, les faits sont abjects, innommables. Et le prévenu fait preuve d’une faible introspection: il a d’ailleurs arrêté le suivi thérapeutique, estimant «que ça ne lui apportait rien».

C’est donc une peine de six ans qui a été requise pour les viols sur son fils et de deux ans pour l’attentat à la pudeur sur son petit-fils. Avec en prime, une mise à disposition de cinq ans.

Me Brabant, conseil de Claude, a sollicité l’acquittement pour l’attentat à la pudeur sur Brandon. «C’est lui qui a avoué les faits gravissimes sur son fils. Pourquoi nierait-il une scène unique sur son petit-fils?», s’est interrogé l’avocat qui plaide le sursis probatoire. Problème: Claude semble fermé à toute thérapie. Un centre sera tout de même désigné pour voir s’il est un tantinet réceptif à un traitement.

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