Les sportives belges de haut niveau source d’inspiration
Sportives et ex-sportives de haut niveau ont été invitées par Didier Reynders pour parler d’égalité des sexes avec le corps diplomatique.Crédits: BELGA
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Les sportives belges de haut niveau source d’inspiration

Plusieurs sportives belges de haut niveau étaient à l’honneur, jeudi, journée internationale des femmes.

Invitées par le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, Ingrid Berghmans, Kimberley Buys, Michèle George ou encore Vanina Ickx et Aisling D’Hooghe, gardienne des Red Panthers, ont partagé leurs expériences en matière d’égalité entre hommes et femmes dans leur discipline respective.

«Mon père n’a jamais fait la différence entre les garçons et les filles. Il ne m’a jamais dit que je ne pouvais pas essayer», a déclaré Vanina Ickx, pilote automobile et fille du champion Jacky Ickx. «C’est un monde de machos», affirme l’ancienne pro. «Les hommes ont un regard bienveillant sur les femmes qui pratiquent un sport, mais quand elles arrivent dans le leur, c’est une autre histoire! Le pire pour eux serait de se faire dépasser par une femme.»

Les sportives belges de haut niveau source d’inspiration
«Mon père n’a jamais fait la différence entre les garçons et les filles. Il ne m’a jamais dit que je ne pouvais pas essayer.» Photo: Photo News

«J’ai dû travailler dur», a pour sa part raconté l’ancienne championne olympique de judo Ingrid Berghmans. Cette pionnière du judo de compétition estime par contre que s’entraîner avec des hommes «l’a aidée dans sa carrière». Si en Belgique, la situation est plus facile pour les femmes judokas qu’ailleurs, «nous devons être solidaires et espérer le respect», a poursuivi la médaillée d’or à Séoul en 1988.

«Ingrid nous a ouvert la voie mais nous devons faire doublement nos preuves», a enchaîné Gella Vandecaveye, double championne du monde de judo. Interrogée par Didier Reynders sur les éventuelles différences de traitements entre hommes et femmes quant à la recherche de sponsors notamment, celle-ci a toutefois souligné que «c’est toujours le résultat qui compte». Un sport de contact comme le judo «forge aussi la personnalité des femmes, leur donne la force de fixer des limites», a-t-elle encore indiqué.

Pour Aisling D’Hooghe, qui s’exprimait jeudi au nom des Red Panthers, «la Fédération belge de hockey met tout en œuvre pour que les joueuses soient reconnues au même titre que les hommes». «Car nous pratiquons le même sport, faisons les mêmes sacrifices et les mêmes entraînements.» Le seul frein, estime-t-elle, se situe au niveau des médias. «Nous ne sommes pas encore vraiment reconnues par la télévision, la médiatisation n’est pas la même.» L’équipe féminine a décroché la médaille d’argent l’été dernier aux championnats d’Europe. «La même que les messieurs, donc pour moi, nous sommes au même niveau», a souri la gardienne.

Jean-Michel Saive, exception masculine parmi le panel de sportifs invités, constate, lui, un progrès en matière d’égalité entre hommes et femmes dans le sport ces dernières années. «Ce n’est par contre pas toujours le cas au comité olympique européen par exemple», nuance-t-il. «Il y a encore des progrès à faire.»

Le ministre des Affaires étrangères avait également convié à l’évènement des membres du corps diplomatique belge et étranger en poste à Bruxelles, ainsi que des membres du nouvellement créé Women Ambassadors Network in Belgium et des représentants des Nations Unies. Didier Reynders a rappelé à l’occasion son attachement aux valeurs d’égalité des genres. «Nous essayons aussi d’avancer vers une approche plus égalitaire au sein du département des Affaires étrangères», assure-t-il, rappelant que deux femmes seraient envoyées en 2018 en tant qu’ambassadrices en Arabie saoudite et en Iran.

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