Scandale sanitaire à l’abattoir de Bastogne: le secteur prône la tolérance zéro
La FWA exige une enquête approfondie et s’interroge «sur la manière dont la surveillance sanitaire de cet établissement a été réalisée jusqu’ici, permettant à cette fraude de s’installer».Crédits: EDA Claudy Petit
BASTOGNE

Scandale sanitaire à l’abattoir de Bastogne: le secteur prône la tolérance zéro

La Fédération belge de la viande a estimé jeudi que «la tolérance zéro doit être appliquée dans le domaine de la fraude intentionnelle» à la suite de la découverte des fraudes pratiquées à l’abattoir de Bastogne appartenant au groupe Veviba.

L’administrateur délégué de la Febev, Michael Gore, était en réunion jeudi après-midi au cabinet du ministre de l’Agriculture Denis Ducarme avec le secteur agricole.

«Febev et ses membres placent la transparence ainsi que le respect total de la réglementation belge en matière de sécurité alimentaire au centre de leurs préoccupations. Transparence et respect des législations sont, et doivent rester, une exigence fondamentale. En tant que fédération sectorielle, nous souhaitons donc que des mesures soient prises contre la fraude intentionnelle et que la tolérance zéro soit d’application», entame-t-elle dans un communiqué publié sur son site internet.

La fédération, qui représente 130 abattoirs, ateliers de découpe et grossistes, a souligné «coopérer avec les agences gouvernementales et les inspecteurs impliqués afin de faciliter et soutenir l’enquête actuelle dans la mesure du possible». Une réunion était en cours au cabinet du ministre Ducarme avec le secteur agricole. Une entrevue avec les acteurs de la distribution a déjà eu lieu ainsi qu’une rencontre avec le ministre-président wallon Willy Borsus et les ministres wallons de l’Agriculture René Collin et de l’Économie Pierre-Yves Jeholet.

La perte des agréments, décidée par le ministre Ducarme et l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), fait suite à une perquisition menée par un juge d’instruction, la semaine dernière, sur le site de Veviba, dans un abattoir, un atelier de découpe et un surgélateur industriel. Les infractions constatées à cette occasion concernent la falsification de renseignements sur la date de congélation de la viande et une non-conformité de plus de 50% des produits contrôlés.

Les chaînes de supermarchés Delhaize et Colruyt ont déjà décidé de retirer la viande incriminée de leurs rayons. Carrefour, Aldi et Makro ont précisé ne pas travailler avec Veviba tandis que Lidl a assuré ne pas vendre de viande provenant de l’abattoir de Bastogne.

La Fugea s’interroge sur le rôle de l’Afsca

La Fédération Unie de Groupements d’Éleveurs et d’Agriculteurs s’étonne du rôle joué par l’Afsca dans cette sombre affaire. «L’Afsca joue un rôle essentiel dans les abattoirs et les ateliers de découpe où ils sont censés surveiller la sécurité sanitaire des produits carnés tout au long du processus de transformation. Comment a-t-on pu arriver à une pareille situation? Nous demandons que l’Afsca s’explique sur ce dossier et fasse toute la lumière sur leurs actions antérieures menées chez Veviba», a déclaré le syndicat dans un communiqué de presse.

L’agriculture scandalisée

La Fédération wallonne de l’agriculture s’est dite «totalement scandalisée» à l’annonce de la découverte des fraudes pratiquées dans l’abattoir de Bastogne.

«Les éleveurs travaillent tous les jours de l’année dans le respect strict des normes sévères qui leur sont imposées tant en termes d’environnement, que de bien-être animal ou de santé publique. Ils sont surveillés et contrôlés de près sur l’ensemble de ces éléments pour amener dans les assiettes des produits qui respectent de très hauts standards de qualité et de traçabilité. Une fois de plus, ce travail attentif et respectueux de toutes les normes en vigueur est sali par un maillon de la filière qui n’exerce pas sa mission de façon scrupuleuse», a souligné dans un communiqué la fédération qui craint que l’affaire n’entache l’image et la réputation de la filière bovine.

Le syndicat agricole flamand Boerenbond a également condamné avec force les fraudes constatées, qualifiant les faits d’»inacceptables». «Il est plus que temps que le secteur de l’abattage se reprenne sérieusement et adopte des mesures afin d’éradiquer les pratiques frauduleuses de certains établissements.»

La FWA, ainsi que le Boerenbond, exige une enquête approfondie et s’interroge «sur la manière dont la surveillance sanitaire de cet établissement a été réalisée jusqu’ici, permettant à cette fraude de s’installer». L’organisation flamande demande que la clarté soit faite rapidement afin de préserver la confiance des consommateurs et des partenaires commerciaux dans la filière bovine.

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