Un enfant torturé mais des parents qui resteront impunis
Durant des années, l’enfant s’est muré dans un silence protégeant un terrible secret... (Photo-prétexte)Crédits: pojoslaw - Fotolia
MONS/SILLY

Un enfant torturé mais des parents qui resteront impunis

Le tribunal correctionnel de Mons a examiné une affaire sordide de mauvais traitements, voire de tortures, à un enfant qui ne donnera sans doute lieu à aucune sanction. L’affaire est prescrite bien que les faits soient assez horribles.

Un enfant de 7 ans, la tête dans les WC, arrosée par la chasse d’eau. Un enfant suspendu par des cordes au plafond comme un jambon. Frappé à coups de poings, de pied, de jets d’objets. Mis à genoux, sur une planche garnie de punaises. Piqué comme de la viande au moyen d’une fourchette à barbecue, brûlé. Entré de force dans le séchoir à linge. C’est un calvaire hors du commun qui est actuellement examiné par le tribunal de Mons… et pourtant, les prévenus «Nadine» et «Michel» (prénoms d’emprunt) ne seront dans doute jamais sanctionnés au plan pénal: les faits sont prescrits!

Nadine et Michel répondent de traitement inhumains à «Jules» (prénom d’emprunt) devant la chambre à trois juges du tribunal de Mons, présidée par Jean-Marc Ruchard. Les prévenus étaient en couple en 2008 et habitaient Silly. Ils se sont séparés au bout d’un an, début 2009. Ce n’est qu’en 2010 qu’un courrier d’avocat diligente une enquête…

Quatre ans d’interrogatoires divers, des enfants, des voisins, de la mère…

Tout petit déjà, «Jules» était secoué par sa mère: il a été hospitalisé. Plus tard, il était un peu nerveux. Pas franchement facile. Sa mère avoue: « J’étais hystérique, j’explosais d’une minute à l’autre». Elle est en aveux de pas mal de choses, mais rejette la faute sur son ex, par exemple pour la tête dans les WC, et le séchoir électrique. Michel dit tomber des nues!

Las. On dépasse de loin la simple problématique du délai raisonnable. Le substitut Julien Moinil a martelé qu’en son temps, ils auraient mérité de la prison ferme. Pendant les plaidoiries de Mes Colin (partie civile), et des défenseurs Lebas et Guttadauria, le substitut s’est mis à éplucher le dossier… pour constater la prescription.

Et donc, de peine, il ne sera jamais question. Jules pourra tout au plus être indemnisé sur le plan civil.

Depuis, les prévenus ont chacun refait leur vie de leur côté, et ils n’ont pas de problème avec leurs enfants nés après le drame de 2008. Nadine a cessé de se droguer, elle a traité son hystérie. Elle est passée aux aveux, elle prend ses responsabilités, comme l’a plaidé Me Arnaud Lebas. Me Fabrice Guttadauria a plaidé l’acquittement de Michel qui nie les violences.

Le calvaire de l’enfant s’est déroulé derrière la porte de sa maison, l’école n’a jamais rien décelé… et l’enquête s’est éternisée.

Trop longtemps. Beaucoup trop longtemps...

 

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