Les Langues de vipères font leur come-back
Des centaines d’affiches sont apparues en ville. Paul-Olivier Delannois et d’autres «pensionnaires» de l’hôtel de ville se sont empressés de faire un tour de lecture.Crédits: -
TOURNAI

Les Langues de vipères font leur come-back

Les Langues de vipères ont répandu leur venin en ville après une année blanche. Paul-Olivier Delannois assure que ce n’est pas la dernière.

Après une année blanche (on ne sait pour quelle raison), les LDV (Langues de vipères) sont revenues de plus belle au cours de la nuit de lundi à mardi dans les rues de la ville. Elles ont affiché des centaines petites phrases, jeux de mots et maximes imprégnés des faits de la vie politique, culturelle et économique quotidienne tournaisienne.

Comme de coutume, la cour de l’hôtel de ville a été le théâtre d’une campagne d’affichage massif de la part du groupe de terro-rimes. Le bourgmestre ff y a forcément sa place: «Polo et les crottes: sur un siège déjectable». Les caméras de surveillance? «Tournai s’abonne à Netflic!» Marie-Christine Marghem n’est pas en reste: «À l’impossible nulle est tenue!» Armand Boite n’est pas oublié: «Qu’on damnait aux travaux forcés!» Des affiches sont d’inspiration fort récente; comme celle dédiée à Yves De Greef auquel on fait dire: «En 2016 votez cdH, en 2012 votez Demotte, en 2018 votez Écolo. En 2024? Un nouveau Défi?»

Sur la porte des Amis de Tournai: «La Coupez pleine». À la Maison de la culture: «Faut coucher pour les subsides: de Gréoli… ou de force». Au pont à Ponts: «Sij’connaissais l’con qu’a fait sauter l’pont!». À l’office du tourisme: «On est toujours en chantier de vous accueillir». À la prison: «Il y a des cellules vides au piétonnier».

Une série spéciale «Drôles de bières» est apparue pour coller au thème du carnaval: «Rudy, le coq tel mondain», «Braekelaere: Au cas pis», «MCM la femme à régner», «Rudy-Polo: bataille palourde à couteaux tirés (et personne pour faire le bulot)», «cdH: tous en sandres», «Écolo: Non au jeunisme! Laissez Mamy faire»…

La dernière à cause des caméras? Non, assure Polo

Cette vingtième apparition dans le Paysage Afficho-Visuel tournaisien risque d’être la dernière, laissent entendre les Langues de vipères non sans malice: «En, effet, l’an prochain, la ville sera truffée de caméras, notre anonymat ne sera donc plus garanti et l’esprit libertaire dans lequel nous concevons nos interventions en prendra un fameux coup (de matraque?).

À moins que d’ici là, une pétition réclamant la poursuite de nos activités en toute impunité n’arrive chez le bourgmestre, signée par au moins dix citoyens. La balle n’est plus dans notre camp. À bon entendeur.»

Paul-Olivier Delannois, bourgmestre ff et président de la zone de police, n’a pas tardé à répondre au groupe de terro-rimes tournaisien avec l’humour qu’on lui connaît. «J’ai vu que les langues de vipères craignaient pour leurs activités l’année prochaine, prétextant qu’avec les caméras leur anonymat ne serait plus assuré. Il semblerait qu’elles seraient prêtes à continuer leurs actions si je m’engageais à leur garantir une certaine impunité. Après un contact avec le ministre de l’intérieur, je peux maintenant leur donner cette garantie pour autant que les Langues de vipères s’engagent à ce que je reste bourgmestre faisant fonction».

M. Delannois pense qu’il doit y avoir moyen de trouver un terrain d’entente. «Un tel accord pourrait être paraphé par les deux parties, en grande pompe, au Salon de la Reine».

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