Les parties civiles aux jurés: «Reconnaissez Pierson bourreau et assassin de Béatrice!»
Procès Jérémy Pierson Béatrice BerlaimontCrédits: EDA Claudy Petit
ASSISES ARLON

Les parties civiles aux jurés: «Reconnaissez Pierson bourreau et assassin de Béatrice!»

Après le témoignage fort et intense de la dame de Saint-Avold (France), victime de l’agression au couteau de Pierson dans sa voiture, la cour d’assises du Luxembourg a entendu jusqu’à midi trente environ, ce lundi, les plaidoiries de trois parties civiles: Me Anne-Catherine Mignon pour la maman de Béatrice, Mes Marie Discret et Frédéric Gavroy pour le papa de l’adolescente.

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Des plaidoiries qui, toutes, ont rendu hommage à la jeune fille «passionnée, volontaire» qui était Béatrice Berlaimont. Une ado de 14 ans qui avait tout l’avenir devant elle. «En promenade avec sa famille, elle était toujours à l’avant, telle une locomotive. Cette famille a désormais perdu sa locomotive», a plaidé Me Anne-Catherine Mignon.

Les plaideurs ont ensuite démonté le mécanisme de mensonge et manipulation de l’accusé, Jérémy Pierson, qui a toujours minimisé son degré exact de responsabilité.

Les deux avocates des parties civiles en sont convaincues: c’est de force, sous la menace d’une arme, que Béatrice a dû suivre Pierson dans le véhicule volé dès le moment de son enlèvement. «Vu la force de caractère de Béatrice, jamais elle ne se serait laissée faire», dit Me Marie Discret.

 

Pas besoin que l’auteur soit présent pour qu’il y ait meurtre

 

La jeune fille, on le sait maintenant, sera déjà victime d’un viol une heure à peine après son enlèvement. S’en suivra un long chemin de croix de huit jours. Huit jours d’errances la nuit, le jour, dans le coffre de la voiture, dans le container devant le chantier de l’ancienne caserne Callemeyn, puis, si le sordide et l’horreur pouvaient encore atteindre un crescendo, l’abandon, entravée et baîllonnée, dans un mirador à la frontière française, battu par les vents.

Il y a eu clairement meurtre avec préméditation, donc assassinat, plaide Me Frédéric Gavroy. Pas besoin que l’accusé ait étranglé sa victime ou soit présent sur les lieux du meurtre. «Pour qu’il y ait meurtre, il suffit qu’il y ait dol éventuel. C’est-à-dire que l’auteur nie avoir voulu la mort de la victime, mais il devait avoir conscience nécessairement, qu’en posant les gestes qu’il a commis, tout cela pouvait conduire à la mort», a démontré MGavroy.

Violée, frigorifiée, affamée, épuisée physiquement et moralement, torturée à coups de poinçon (on a relevé 10 plaies et blessures sur son corps), la pauvre Béatrice, abandonnée trente heures dans le mirador, n’était plus qu’une proie fragile. «Je vous demande de rendre justice. Reconnaissez en l’accusé le bourreau et l’assassin de Béatrice», a conclu Me Gavroy.

Cet après-midi à 14 h, on en terminera avec les dernières plaidoiries des parties civiles pour les autres victimes de Pierson, encore vivantes, elles.

Après 16 h, Mme Sarah Pollet, avocat général, devrait entamer son réquisitoire.

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