Pierson a «eu peur» parce qu’un policier voulait l’interpeller au Grand-Duché
Assises Jérémy Pierson Béatrice BerlaimontCrédits: EDA Claudy Petit
JUDICIAIRE

Pierson a «eu peur» parce qu’un policier voulait l’interpeller au Grand-Duché

La matinée de cour d’assises, ce mardi, a démarré avec quelques minutes de retard à Arlon, beaucoup de personnes étant retenues par des problèmes de circulation routière occasionnés par les chutes de neige.

Ce mauvais temps a-t-il empêché aussi des témoins de Saint-Avold (France) de rejoindre Arlon?

En tout cas la plupart des personnes convoquées ce matin pour les faits d’agression de Saint-Avold ne se sont pas présentées au palais de justice d’Arlon. Ce qui est toujours regrettable pour la bonne connaissance du dossier par les jurés.

On aurait aimé savoir exactement comment la dame, agressée par Pierson à l’aide d’un couteau dans son véhicule à Saint-Avold, a vécu les faits et n’a dû son salut qu’en criant et se débattant, ce qui a fait fuir son agresseur.

Pierson à contresens sur l’autoroute

La matinée a surtout permis aux policiers grand-ducaux de raconter, en détails, la façon dont Jérémy Pierson a échappé aux forces de l’ordre luxembourgeoises au terme d’une folle course-poursuite le 8 décembre 2014.

C’était 9 jours après la mort de la jeune Béatrice Berlaimont et la veille de l’agression de la dame à St-Avold.

La police grand-ducale a été avisée par ses collègues belges qu’une voiture Alfa Romeo Giuletta rouge, volée le 1er décembre à Wolkrange (Messancy), circulait d’Alzingen en direction de Frisange. C’était la fin de journée. Il neigeait abondamment et il faisait déjà sombre.

Pris en chasse par trois véhicules de la police grand-ducale, Pierson a roulé à contresens, a heurté au moins trois véhicules puis s’est retrouvé immobilisé dans un embouteillage.

Avec une arme de poing, un policier lui a alors fait les sommations d’usage, lui a demandé de couper le moteur et descendre sa vitre. Tout cela en français et de façon très compréhensible, a précisé le policier devant la cour d’assises ce matin.

«M. Pierson a pris peur. Voyant une arme pointée dans sa direction et disant qu’on lui parlait en luxembourgeois, on peut comprendre la détresse de cet homme», a commenté un des avocats de la défense, Me de Coster.

Pierson, ce jour-là, a redémarré alors qu’un coup de feu a atteint le phare arrière gauche de l’Alfa. Il a réussi à échapper aux forces de l’ordre et est reparti sur l’autoroute à nouveau en contresens vers l’Allemagne, à une vitesse de 140 km/h, sans pouvoir être rattrapé.

Commentaire de l’avocate générale Sarah Pollet: «M. Pierson dit qu’il a eu peur face aux policiers? Je me demande dans le chef de qui était réellement cette peur? N’est-ce pas plutôt la peur de la dame de Sainte-Avold agressée au couteau? Ou encore de cette dame médecin anesthésiste qui s’est retrouvée en pleine nuit face à un homme portant cagoule, dans les couloirs de l’hôpital de Saint-Avold?»

Les débats reprendront à 14 h ce mardi, avec en principe les témoignages de la mère et de la compagne de l’accusé.

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