Quarante experts européens se penchent sur les «fake news»
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Quarante experts européens se penchent sur les «fake news»

Quarante experts européens, sous la houlette de la Néerlandaise Madeleine de Cock Buning, ont commencé lundi à réfléchir à la problématique des fausses informations, les «fake news», qui envahissent de plus en plus internet.

«Les technologies ont profondément modifié la façon dont les citoyens accèdent aux médias», a constaté lundi matin lors d’un point presse la commissaire européenne à la Société numérique, Mariya Gabriel. Les fausses informations, volontaires ou non, font désormais pleinement partie du paysage numérique. Elles ont joué un rôle dans plusieurs campagnes électorales, dont l’élection présidentielle américaine remportée par Donald Trump.

La Commission européenne a donc mis sur pied un groupe d’experts de haut niveau sur les fausses informations. Composé de 40 «représentants de tous horizons», ce groupe sera chargé d’abord de définir ce qu’est concrètement une fausse information, puis de suggérer à la Commission des pistes pour agir. «J’attends de ce groupe un rapport clair, structuré, sur la valeur ajoutée d’une approche européenne», a souligné Mme Gabriel, qui veut «éviter une grande fragmentation» dans les réponses à apporter à ce problème.

La présidente du groupe d’expert, la spécialiste néerlandaise des médias Madeleine de Cock Buning, s’est réjouie de «la diversité du groupe», même si certains observateurs regrettaient l’absence d’acteurs importants de la défense de la liberté d’expression, comme le rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression. Mme de Cock Buning a souligné «l’importance de s’écouter mutuellement» avant d’arriver à des solutions «multidimensionnelles». «Chacun devra se demander: ‘qu’est-ce que je peux faire pour résoudre les problèmes?’«, a-t-elle précisé.

La commissaire voit dans l’annonce par le président français Emmanuel Macron d’une loi française sur le sujet le signe de «l’importance de la question». La Fédération européenne des journalistes (FEJ), par la voix de son secrétaire général, Ricardo Gutierrez, a déjà annoncé son intention d’«insister sur le caractère non-nécessaire, disproportionné et contre-productif de toute régulation légale à l’allemande ou à la mode Macron».

Les résultats des travaux du groupe d’experts seront combinés avec ceux de la consultation publique – qui prend fin le 23 février prochain – pour aboutir, «au printemps 2018», à une communication de la Commission sur les fausses informations.

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