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Benjamin Maréchal quitte «C’est vous qui le dites»: «Important de retrouver de la liberté»

Quelques jours après avoir créé la polémique sur les réseaux sociaux, le présentateur de VivaCité a informé les auditeurs, ce lundi matin, qu’il quittait l’émission «C’est vous qui le dites». Mais pas pour échapper à la pression populaire.

Après s’être demandé si on pouvait « jouir lors d’un viol » ou si «rouler au-delà de 60-70km/h quand on approche une troupe de scouts, c’est forcément un risque ou pas toujours», Benjamin Maréchal a décidé de jeter l’éponge, ce lundi matin.

En effet, le présentateur de «C’est vous qui le dites» a choisi de ne plus présenter l’émission qui l’a fait connaître, il y a dix ans.

«Ça fait dix ans cette année que nous commentons l’actualité. J’ai été depuis longtemps le confident de vos drames, parfois même le premier confident, ce qui a été un privilège. J’ai été l’oreille de vos avis, ceux qui m’ont fait réfléchir. J’ai parfois entendu les pires horreurs. De tous ces moments, je suis fier à un point que vous ne pouvez pas mesurer.»

Après avoir rendu hommage à ses auditeurs, Benjamin Maréchal a expliqué les raisons de son départ. Loin des polémiques qui l’ont visé ces derniers mois. «Ça fait des mois, bien avant les tempêtes que vous avez pu croiser ça et là dans les journaux ou sur les réseaux sociaux, que j’ai demandé de retrouver du temps pour créer, imaginer, aller vous voir en vrai et faire autre chose que d’avoir une relation avec vous par téléphone, qui était parfois mal comprise. Est-ce que je suis lassé? Ça m’est arrivé. Est-ce que j’ai été malmené? Parfois. Souvent, mais ça fait partie du jeu.»

 

«

Ces dix ans de «C’est vous qui le dites» m’ont permis de comprendre la société belge comme personne.

»

 

Décrivant l’émission comme une de ses «plus grandes joies professionnelles», le présentateur a évoqué le besoin de se renouveler: «La notoriété, je l’avais. Les plus fortes audiences, le succès à tout prix, alimenter Facebook, lire des vérités, lire des mensonges, être mal compris et parfois fauter comme tout le monde, être au cœur du système, être au cœur du réacteur comme je l’étais et avoir un statut de vedette, tout cela est grisant mais, dans le fond, ça n’a jamais été mon objectif. Tout ça pour moi n’a pas beaucoup d’importance. L’important pour moi, ce matin, c’est de retrouver la liberté. La vraie liberté, celle d’être libre de son chemin.» Et de préciser qu’il avait déjà demandé aux dirigeants de VivaCité à être soulagé de ses fonctions à deux reprises, en juin et janvier.

«Monsieur le directeur, est-ce que vous me mettez au placard?»

«La RTBF me propose depuis longtemps un nouveau projet, un super truc. J’ai chipoté, j’ai réfléchi comment caser ça en plus de «C’est vous qui le dites» [...] avec un magnifique bébé qui est arrivé dans ma vie il y a quelques mois. Et puis, j’ai décidé de dire stop. Stop aux contraintes d’une quotidienne, loin des petites phrases.»

 

«

Certains vont crier. Qu’ils crient! L’homme que je suis n’est pas l’homme que vous avez lu sur les réseaux sociaux. Et ça, ça suffit amplement à mon bonheur et à être droit dans mes bottes.

»

 

Décidé à prouver qu’il ne fuyait pas ses responsabilités au sein de VivaCité, Benjamin Maréchal a lui-même interrogé le directeur de la radio, sur les raisons de son départ.

«Benjamin, ce n’est pas notre souhait de vous éloigner de l’antenne, lance ainsi Eric Gilson. C’est votre demande répétée.» Et d’évoquer les projets qui occuperont le futur du présentateur: «On a compris qu’il vous fallait le temps pour travailler dessus.»

Également interrogé sur «les fautes» que Benjamin Maréchal auraient pu commettre dans l’émission, Eric Gilson calme le jeu en parlant de «commentaires erronés sur les réseaux sociaux et dans la presse»: «Vous avez recadré en permanence tous les intervenants du débat en rappelant que le viol est une terrible épreuve [...] et qu’il s’agit aussi d’un crime punissable par la loi.» S’ensuit toutefois un mea culpa. «Le lancement du sujet dans l’émission en a choqué certains: c’est la raison pour laquelle nous avons présenté nos excuses à ceux qui ont été choqués.»

Décidé à quitter son poste, Benjamin Maréchal cède sa place à Cyril, dès ce lundi matin, aux commandes de «C’est vous qui le dites». «Un conseil perfide? Si tu as les choix sur un sujet entre les chats et les intercommunales, prends les chats, mon vieux!»

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