L’émission «Mariés au premier regard» de RTL dans le viseur du CSA
Le CSA a décidé d’enquêter sur la présence de marques commerciales à l’intérieur même de l’émission.Crédits: RTL TVI
TÉLÉVISION

L’émission «Mariés au premier regard» de RTL dans le viseur du CSA

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a ouvert une instruction au sujet de l’émission «Mariés au premier regard» de RTL-TVI, rapporte-t-il mardi.

Le CSA a reçu quatre plaintes relatives à l’émission «Mariés au premier regard». Cette télé-réalité, qui a fait polémique lors de son lancement mi-septembre, crée des couples sur base de «tests scientifiques». Les candidats se rencontrent pour la première fois le jour de leur mariage.

Les plaintes portaient notamment sur l’éthique du programme, aspect sur lequel l’instance de régulation n’a pas à se prononcer, faute d’enjeu au regard de la législation applicable, indique-t-elle. Une plainte s’interrogeait sur la légalité des mariages, point sur lequel le CSA attend une réponse des autorités compétentes.

Certaines plaintes dénonçaient également la présence de marques commerciales à l’intérieur même de l’émission, ce qui a effectivement interpellé le secrétariat d’instruction du CSA. Ce dernier «a notamment constaté la présence visible d’enseignes commerciales correspondant notamment à une boutique de mariage où les candidats viennent choisir leurs tenues de mariés, une bijouterie dans laquelle ils choisissent les alliances, une agence de voyage au guichet de laquelle le couple marié vient retirer ses tickets d’avion pour sa lune de miel, et l’hôtel où il passe sa nuit de noces», relève-t-il.

La communication commerciale «clandestine» est interdite. Elle doit être aisément identifiable comme telle et, en principe, distincte des autres programmes, par exemple au sein d’un tunnel publicitaire. Le placement de produits est autorisé dans les programmes de divertissement depuis 2009, à condition toutefois d’en signaler la présence aux téléspectateurs. Le CSA recommande ainsi d’apposer un pictogramme spécifique (l’inscription «PP», qui doit apparaître en début et fin de programme ainsi qu’après une coupure publicitaire).

En l’occurrence, le secrétariat d’instruction du CSA n’a repéré aucun mécanisme informant de la présence éventuelle de placement de produits dans l’émission «Mariés au premier regard». Si, à l’issue de ses investigations -au cours desquelles il donnera l’occasion à la chaîne de se défendre-, il estime qu’il y a bien infraction, il transmettra un dossier à l’instance décisionnelle du CSA qui pourra, si elle aboutit à la même conclusion, prononcer une sanction.

C’est sa première instruction à l’encontre d’une chaîne télévisée de RTL Belgium depuis qu’il a décidé, fin juin, de reprendre la main sur le groupe télévisé. RTL Belgium risque cependant de contester la compétence du CSA. L’entreprise estime en effet que ses chaînes télévisées (RTL-TVI, Club RTL et Plug RTL) sont éditées depuis le siège de sa maison-mère luxembourgeoise, et que seule l’autorité de régulation luxembourgeoise est compétente à leur égard.

Rappelons que fin juin, l’ALIA (le CSA luxembourgeois) avait indiqué qu’il continuerait à traiter les plaintes visant l’une des chaînes de RTL Belgique.

L’espoir du CSA Belge est que, en cas de condamnation, RTL porte l’affaire devant le Conseil d’Etat et que d’ici là, la nouvelle directive européenne soit entrée en vigueur et permette au CSA belge de réguler tous les acteurs qui ciblent le territoire belge, même s’ils sont installés dans un autre pays.

RTL envoie le CSA sur les roses

RTL Belgium a bien été avertie de l’ouverture d’une instruction par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) au sujet de l’émission «Mariés au premier regard», diffusée sur RTL-TVI. «Nous dépendons d’une seule autorité de régulation, l’Alia, qui est l’autorité luxembourgeoise», réagit cependant ce mardi le groupe audiovisuel privé, qui refuse de répondre aux questions sur le fond du dossier.