Musique

Le mois de février 2017 dans la ziquemachine à remonter le temps

Petit moment de détente musical. Qu’écoutait-on en février 2007, 1997, 1987, etc.? Réponse dans ce petit montage signé Patrick Zirpolo qui nous emmène dans une ziquemachine à remonter le temps.

2007 Kamini – Marly-Gomont

«J’viens pas d’la cité, mais le beat est bon, j’viens pas d’Panam mais d’Marly Gomont…» En février 2007, un gars de 27 ans originaire de Marly-Gomont, village de 400 habitants situé dans l’Aisne, crée le buzz avec un rap «agricole» bricolé avec des bouts de ficelles. Envoyé aux majors fin de l’année 2006, le morceau ne convainc pas les responsables mais amuse le personnel, qui partage massivement la vidéo. Celle-ci devient vite virale et la chanson de Kamini devient un véritable phénomène. Il reçoit d’ailleurs le prix du meilleur clip aux Victoires de la musique en mars 20007.

Curieux destin pour une chanson créée avec du matériel amateur et qui parle du racisme ordinaire dans une petite commune perdue du Nord… Ce tube lui permettra de vendre 85 000 exemplaires de son album Psychostar, sorti dans la foulée. La suite sera moins rose pour Kamini. Son album Extraterrien sorti en 2009 ne connaîtra pas le même succès, malgré le single Parce qu’on est cons.

En 2013, il se lance dans le one-man-show. Il participera d’ailleurs au Festival du rire de Rochefort. En 2016, il co-scénarise le film Marly-Gomont, qui se base sur son histoire personnelle et l’arrivée de son père en France.

L’info pour faire le malin. À la mairie de Marly-Gomont, le disque d’or de Kamini trône sur le manteau de la cheminée.

1997 Toni Braxton – Un-Break My Heart

Dans les années 90, les slows deviennent de plus en plus rares. Mais si vous étiez ado en 1997, vous avez sans doute dansé sur Un-Break My Heart, ballade chantée par Toni Braxton, âgée à l’époque de 29 ans. Et ce n’était pas gagné puisque l’histoire raconte que la chanteuse ne voulait pas entendre parler de cette ballade où une jeune femme supplie son amoureux de revenir après une terrible dispute qu’il a causé. C’est son producteur Clive Davis, cofondateur d’Arista Records et producteur de Whitney Houston, qui arrivera à la faire changer d’avis.

Et à voir le succès enregistré par ce titre, Toni Braxton peut lui dire merci. Onze semaines n°1 au Billboard (le hit-parade américain) du 7 décembre 1996 au 15 février 1997, disque de platine (plus d’un million de ventes), top 5 dans plus de dix pays en Europe, Grammy Award de la meilleure performance vocale pop féminine en 1997…

L’info pour faire le malin. Un-Break My Heart a été écrite par Diane Warren, auteur-compositrice américaine à qui l’on doit des titres pour Aerosmith, Alice Cooper, Kiss, mais aussi Céline Dion, Ace of Base, Mariah Carey… Un bel éclectisme!

1987 Jackie Wilson – Reet Petite

Quoi qu’en disent certains, les années 80 ont été une période extrêmement riche au niveau musical. Et il y a parfois des n°1 bizarre. C’est le cas pour ce morceau Reet Petite, chanté à l’origine par Jackie Wilson en… 1957! Trente ans plus tard (record pour l’époque), alors que l’on se trouve en pleine période synthé, le morceau rock écrit – entre autres – par Berry Gordy (fondateur de la Motown) est republié et devient numéro 1 au hit-parade, une place qu’il n’avait d’ailleurs pas atteinte en 1957.

Cette «reissue» comme on dit de l’autre côté de l’Atlantique est due à la diffusion en 1986 d’une vidéo d’animation en pâte à modeler réalisée par le studio anglais Giblets dans la série documentaire britannique à succès Arena. L’engouement du public sera tel que la chanson sera rééditée et deviendra un hit de Noël 86 en Angleterre avant d’en faire de même dans plusieurs pays d’Europe début 1987.

L’info pour faire le malin. Jackie Wilson ne connaîtra jamais le succès de sa chanson dans les années 80 puisqu’il est décédé le 21 janvier 1984 à 49 ans. Il se trouvait dans un état végétatif depuis septembre 1975 et une violente attaque cardiaque lors d’un concert qui entraînera une lourde chute et des complications neurologiques graves. Grand ami d’Elvis Presley, ce dernier insistera pour payer les frais d’hospitalisation.

1977 Jennifer – Do It For Me

En pleine période disco, quelques producteurs flairent le bon filon et surfent sur la vague du succès de ce courant musical qui envahit le monde. Parmi eux, on retrouve Michel Deloir, un Canadien surnommé aussi The Indian, et qui avait pour habitude de se promener costumé comme un Sioux.

Dans les années 70, il fait la rencontre de Chantal Benoist, alias Jennifer, mannequin de charme et de mode. Ils enregistrent Do It For Me qui devient un tube en France, en Belgique, en Allemagne mais aussi dans quelques pays anglo-saxons. Le disque sort sur le prestigieux label Motown. Certaines mauvaises langues diront que c’était Michel Deloir, qui avait une tessiture vocale assez étendue, qui chantait réellement…

Les années suivantes, Jennifer se lancera dans une carrière d’actrice en Italie. En 1985, elle est au générique du film français Moi vouloir toi, de Patrick Dewolf, avec Gérard Lanvin et Clémentine Célarié. On la mentionne aussi dans une série de films érotiques sous différents pseudonymes (Fanny Noël, Cathy Dupray, Cathy Deschamps…)

L’info pour faire le malin. Dans les années 80, Jennifer s’est mariée avec Gérard Lanvin, avec qui elle aura deux enfants: le chanteur Manu Lanvinet l’animateur radio et comédien Léo Lanvin.

1967 Salvatore Adamo – Inch’Allah

En 1967, Salvatore Adamo se retrouve en tête du hit-parade avec une chanson d’actualité qui évoque le conflit israélo-palestinien. Elle est écrite avant la Guerre des Six jours qui éclatera en juin 1967 et qui opposera Israël à l’Égypte, la Jordanie et la Syrie. Chanson de paix selon Adamo, elle sera vue comme une provocation et une prise de position pro-israélienne par les pays arabes qui l’interdiront d’antenne.

En cause, la strophe qui clôture la chanson et qui dit: «Requiem pour 6 millions d’âmes qui n’ont pas leur mausolée de marbre. Et qui, malgré le sable infâme, ont fait pousser 6 millions d’arbres.» En 1993, il écriraune version plus nuancée, qui dit: «Requiem aux millions d’âmes […] tombées des deux côtés du drame. Assez de sang. Salam, Shalom».

«Cette chanson, je n’ai pas eu l’occasion de l’enlever de mon répertoire, parce qu’elle est toujours d’actualité, explique Salvatore Adamo dans une interview au journal L’Humanité en 2007. À tel point que j’ai dû la nuancer au gré des quelques espoirs de paix.»

L’info pour faire le malin. Adamo a écrit une version d’Inch’Allahen anglaiset une autre en italien. La Reine du fado,Amalia Rodrigues, l’a également intégrée à son répertoire.

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