Cancer du sein : une double mastectomie rarement nécessaire
SANTE

Cancer du sein : une double mastectomie rarement nécessaire

Environ 70% des femmes qui décident de subir une double mastectomie après la découverte d’un cancer dans un sein ont pourtant un risque très faible de développer une tumeur dans le sein qui n’est pas malade, indique ce mercredi une recherche.

«C’est apparemment la crainte chez les femmes d’une résurgence de leur cancer qui les conduit à décider d’une mastectomie prophylactique, ce qui est absurde car le fait d’enlever le sein non-malade ne réduit en rien le risque de réapparition de la tumeur dans le sein touché», explique la Dr Sarah Hawley, professeur de médecine interne au Centre du cancer de l’Université du Michigan, principal auteur de l’étude.

Les femmes avec des antécédents familiaux de cancer du sein ou ovarien, ou qui sont porteuses de mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2 peuvent se voir recommander une ablation de l’autre sein car leur risque de développer un cancer est alors très élevé.

Mais ce groupe ne représente qu’environ 10% de toutes les femmes diagnostiquées d’un cancer du sein. Les autres ont très peu de risques d’avoir un cancer dans l’autre sein.

Le cas le plus célèbre de double mastectomie prophylactique sans présence d’aucun cancer est celui de l’actrice Angelina Jolie en 2013, qui avait expliqué avoir un risque de 87% de cancer du sein et de 50% de celui de l’ovaire car elle est porteuse de la mutation du gène BRCA1. Sa mère est morte à 56 ans d’un cancer ovarien.

«Pour les femmes sans antécédent familial de cancer mammaire ou sans prédisposition génétique, il n’est probablement pas recommandé de se faire enlever le sein qui n’est pas malade», insiste la Dr Hawley, dont les travaux paraissent dans le Journal of the American Medical Assocation (JAMA) Surgery.

Mieux informer les femmes

L’étude, qui a porté sur 1.447 femmes de 59 ans en moyenne, traitées d’un cancer du sein et n’ayant pas eu de résurgence, montre que parmi celles ayant subit une double mastectomie, près de 70% n’avaient aucun antécédent familial de ce cancer ou avaient été testées négatives pour les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2.

Une double mastectomie est une intervention chirurgicale lourde pouvant entraîner plus de complications et avec une récupération plus difficile.

De plus, la plupart de ces femmes ont également une reconstruction de leur poitrine et certaines autres peuvent aussi avoir besoin d’une chimiothérapie ou de radiothérapie après leur opération, ce qui peut aussi retarder leur récupération.

Parmi les 1 447 femmes de l’étude, seulement 8% ont eu une double mastectomie et 18% ont envisagé cette intervention.

L’étude a constaté que les femmes avec une formation supérieure et ayant subi une IRM avant l’intervention étaient plus nombreuses à opter pour l’ablation de l’autre sein.

Les auteurs de cette recherche, financée par l’Institut national du Cancer (NCI), soulignent l’importance de mieux informer les femmes quant aux risques et avantages d’une mastectomie du sein non atteint par le cancer.

Selon l’American Cancer Society, 235 030 Américaines seront diagnostiquées en 2014 d’un cancer du sein, qui sera fatal pour 40 430 d’entre elles.