Doublage : les Belges ont de la voix
Cinéma

Doublage : les Belges ont de la voix

La Trois diffusera bientôt «Sorcière mais pas trop», série tournée en anglais à Liège, et doublée à Bruxelles. Focus sur un secteur où les Belges sont bien cotés, avec Marie Van R, actrice au… doublage.

Sorcières mais pas trop… Le titre d’une nouvelle série diffusée à partir du 29 novembre sur La Trois (voir l’encadré). Tournée en anglais à Liège, elle est en train d’être… doublée en français à Bruxelles.

Dans les studios de Sonicville, rencontre avec Marie Van R (son pseudo dans le milieu). Elle raconte son métier d’actrice de doublage avec passion. Un secteur dans lequel notre pays commence à gagner des galons.

Chez nous, n’importe quel acteur dit classique peut tenter l’aventure et passer des auditions. En France, le métier est très hermétique. Le point.

Marie Van R, comment se sont passés vos premiers pas dans le métier ?

J’ai commencé en 1994. J’ai été formée en théâtre à l’IAD de Louvain-la-Neuve. Je n’ai pas eu de formation particulière en doublage car il n’en existait pas encore. Après quelques pubs radio, j’ai commencé par doubler pour un film néerlandophone. Mon rire qui ressemblait beaucoup à celui de l’actrice principale a plu au réalisateur et j’ai donc été sélectionnée.

Vous n’aviez pas été formée au doublage en particulier ?

Non, car il n’existait pas de formation à l’époque. Personnellement, j’ai donc suivi l’option théâtre de l’IAD de Louvain-la-Neuve. Aujourd’hui, il existe des formations sur 5 jours. On apprend l’aspect technique du travail. Ceux de ma génération ont appris tout cela sur le tas, avec l’expérience. Aujourd’hui on a souvent des élèves qui viennent dans les studios. Ils viennent voir comment ça se passe, et demandent au directeur artistique (qui nous coache pendant les enregistrements) s’ils peuvent faire un essai, même si on n’a pas souvent le temps.

En parlant de technique, comment se déroule ce travail ?

C’est un métier artistique à part entière. On ne se rend pas compte à quel point il est difficile de retransmettre une émotion, sachant qu’un Anglais, par exemple, ne va pas avoir les mêmes intonations qu’un Français, etc. Le doublage, ce n’est pas seulement quelqu’un qui pose sa voix sur une bande-son originale dans un studio. On travaille sur ce qu’on appelle une bande « rythmo » : on a l’image (une scène d’une minute, par exemple), les sous-titres en français juste en dessous, avec des indications sur les intonations qu’on doit prendre. Puis on commence à doubler, en direct, comme un karaoké. Ce qui est délicat, c’est que le comédien doit absolument synchroniser sa vue et la rythmo, pour voir comment bien jouer, que ça paraisse crédible.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune acteur qui débute ?

Quand je regarde aujourd’hui la liste des comédiens et comédiennes qui cherchent à faire du doublage après avoir terminé leurs études, c’est impressionnant… Avant c’était difficile de trouver. Aujourd’hui, le marché est bien rempli. Mais pour moi, ce « truc » du doublage, on l’a ou on ne l’a pas. Il y a des gens qui vont travailler pendant 20 ans et ne pas avoir cette chose qui fait que le comédien capte les émotions à l’écran, et d’autres pour qui ce sera immédiat, instinctif. Le mieux, c’est de venir voir et d’essayer. Et de s’accrocher. ¦

LES PLUS RECENTS