Les esclaves de la galette
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Les esclaves de la galette

Tristan Jordis s’est faufilé dans les sous-sols sombres du nord parisien pour approcher les fumeurs de crack. Là-bas, on appelle ce mélange de cocaïne et de bicarbonate «la galette  ». Il y a passé un an en tout, avec sa caméra pour réaliser un film. Un film qu’il ne fera finalement jamais à cause du côté trop intrusif de la caméra, mal acceptée ou très convoitée pour sa valeur marchande.

Cette histoire folle, cette approche laborieuse pour arriver à gagner la confiance de ces hommes et ces femmes et, finalement, ces liens humains très forts, l’auteur les consignera dans ce livre.

Tristan Jordis raconte ces personnages, Saga, Souleymane, Samba, Haïti, Ouna, Cynthia et les autres qui vivent pour la galette. Violence, prostitution, «kifs», trafics en tous genres, squats, et dealers qu’on appelle les «maudous  » dessinent ce monde inconnu des Parisiens qui passent à deux pas tous les jours. Une vie quotidienne faite d’errance et de débrouille pour arriver se procurer l’argent qu’ils n’ont pas pour se payer leur «kif  » et trouver l’apaisement.

Crack n’est pas un roman, même s’il se lit comme tel. Il n’est pas non plus un documentaire pur, parce que l’auteur, loin d’être un observateur passif, y donne son avis. Mais sans jugement de valeur, ni pathos. Il relève au contraire tous les minuscules grains d’espoir et de lumière dans ces bas-fonds, tout en étant sans complaisance pour ses «personnages  ». Un récit aussi terrifiant que fascinant.

A.Vt.

Tristan Jordis, « Crack  », Points, 404p., 7,70 €

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