• Photographe de plateau, Mika Cotellon a découvert la tristesse des animaux de ce parc de la région parisienne en accompagnant le tournage du film "Max", avec JoeyStarr.
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« Nous n’irons plus au zoo » : le message photographique d’un papa abasourdi

Convaincu de l’absurdité du concept du zoo, un papa photographe a pris des images saisissantes dans un parc désuet pour expliquer à ses enfants pourquoi ils ne visitent jamais ces lieux en famille.

Recroquevillé sur un semblant de branche, un chimpanzé habité par la tristesse traine son ennui.

Derrière des grilles défraîchies, un lion arbore un regard d’une mélancolie abyssale.

Le pelage terni par la boue, une hyène tourne en rond dans un enclos indigne de sa condition.

Susceptibles de vous prendre aux tripes, ces images à vous retourner le cœur sont l’œuvre du photographe parisien Mika Cotellon.

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« Nous n’irons plus au zoo », indique-t-il en prélude à l’un de ses clichés posté sur un groupe photographique Facebook dédié aux critiques mutuelles des images des uns et des autres.

« Je ne fais de photos d’animaux, mais en tournage dans un zoo j’ai pu faire une série sur la folie de l’Homme et son rapport aux animaux sauvages », explique-t-il sur le réseau social cher à Mark Zuckerberg. « Cette image me dégoute mais je la montre à mes enfants pour leur expliquer pourquoi nous n’irons plus au zoo. »

Interview d’un papa abasourdi par la logique du parc zoologique.

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Même ceux qui mènent des expériences sur les animaux trouvent de bonnes raisons pour se justifier… Enfermer pour sauver, cette phrase sonne bizarrement, non ?

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- Mika Cotellon, comment en êtes-vous arrivé à prendre ces clichés ?

Je suis photographe de plateau et, avec l’équipe de tournage du film « Max » de Stéphanie Murat, avec JoeyStarr, nous avons investi un parc zoologique de la région parisienne. Comme ce rôle me laisse du temps, je me suis baladé. Je suis tombé sur une volière qui abritait un aigle royal. Aussi immense soit-elle, une pancarte expliquait que l’oiseau avait un besoin vital de voler plusieurs dizaines de kilomètres par jour… Ce qui lui est évidemment impossible dans cette infrastructure. C’est aberrant, non ?

- Quel était votre rapport avec les zoos avant cette visite professionnelle ?

Par conviction, cela fait des années que je ne les fréquente plus. Cela a commencé dès que mon fils est né. J’ai moi-même vu le jour à Vincennes et ma grand-mère m’emmenait de temps à autre au cœur de son célèbre zoo. Elle m’expliquait malgré tout que ce n’était pas une bonne chose…

Dans la même logique, j’ai toujours refusé que mon fils ait un animal de compagnie. Je ne suis pas un militant de la cause animale, mais cette situation m’insupporte. J’ai vu un jour une vidéo du philosophe Gilles Deleuze qui dénonce la nature de nos rapports dénaturés avec les animaux familiers. De son point de vue, l’aboiement du chien dans ce cadre devient la honte du règne animal. Ce discours m’a confirmé dans mon incompréhension du principe de l’animal de compagnie.

- Quelles sont les images qui vous ont le plus frappées dans ce zoo ?

C’est un parc  désuet et défraichi… Je me souviens de ce lion tout triste et tout proche de nous mais enfermé dans un enclos alors qu’il est censé représenter le panache du règne animal. J’ai été marqué aussi par la tristesse des singes. Alors que vous ne décèlerez jamais les émotions d’un poisson coincé dans son bocal, celles ressenties par ces singes étaient évidentes.

- Comment avez-vous utilisé ces photos ?

Je les ai montrées à mes enfants pour leur expliquer pourquoi je ne les emmène pas au zoo. Ils ont été touchés, ils comprennent et partagent mon point de vue. D’ailleurs, ma petite fille se charge de transmettre parfaitement le message. Elle récupère des papillons dans le jardin pour les sauver. Ce n’est pas pour rien qu’elle s’appelle Naturel.

- Les zoos ont aussi un rôle à jouer dans la préservation des espèces, non ?

Même si certains parcs travaillent très bien et respectent autant qu’ils peuvent les animaux, c’est le serpent qui se mord la queue. L’Homme se proclame sauveur du règne animal alors que les animaux ne nous ont rien demandé. Ils seraient bien mieux si nous leur avions laissé la paix de tout temps. Vous savez, même ceux qui mènent des expériences sur les animaux trouvent de bonnes raisons pour se justifier… Enfermer pour sauver, cette phrase sonne bizarrement, non ?