HOWARDRIES

DIAPO | Les Français inonderaient-ils leurs voisins belges à Howardies ?

Dans le plus petit village de l'entité de Brunehaut, certains pensent que les inondations sont dues aux Français alors que ces derniers sont persuadés que c’est la faute aux Belges. Ils sont, les uns et les autres, très loin de la vérité...

De manière assez récurrente, les riverains qui habitent le long et à proximité de la rue du Planti, à Howardries, sont confrontés à des inondations plus ou moins spectaculaires. Il n’est pas rare, en effet, qu’en cas de fortes pluies, l’Elnon qui fait frontière entre la Belgique et la France toute proche, déborde.?Au point que les fossés qui bordent la route n’arrivent pas à absorber le surplus d’eau qui s’écoule alors dans les champs proches et jusque dans les maisons situées au point le plus bas de ce village comptant à peine une centaine d’habitants. C’est d’ailleurs parce qu’ils sont peu nombreux que ces derniers éprouvent le sentiment de ne pas être écoutés ou entendus quand ils réclament, notamment, un meilleur entretien des fossés.

De plus, ceux-ci sont persuadées que s’ils sont inondés régulièrement, c’est à cause de leurs voisins français qui fermeraient quelques vannes situées au-delà de la frontière afin d’éviter au Ch’tis d’avoir les pieds dans l’eau.? Car, comment expliquer alors, que l’eau s’en va soudainement après avoir stagné quelques heures sur le site ? Le plus drôle, c’est que du côté français - où les inondations sont aussi très fréquentes - on pense exactement la même chose des voisins brunehautois.

« C’est tout à fait faux, précise le bourgmestre Pierre Wacquier. Il n’y a aucune vanne permettant de réguler les crues de l’Elnon, que ce soit du côté belge ou français.?On n’est pas du tout ici face à un scénario que l’on a connu à Laplaigne où les français de Mortagne fermaient effectivement des vannes en cas de montée des eaux. Ici, il s’agit d’un phénomène naturel qui a d’ailleurs été étudié par la Province, et qui fait en sorte que la crue provoque des débordements de l’Elnon de part et d’autres de ses méandres de manière un peu aléatoire, une fois du côté français et une fois du côté belge.?Ce qui arrive généralement plusieurs heures après les fortes pluies.

De plus, je tiens à rajouter que la commune entretient tout particulièrement les fossés qui bordent nos routes et ce n’est pas parce qu’il y pousse de l’herbe qu’ils ne sont pas efficaces. Dans le cas d’espèce, un agrandissement des fossés ne permettrait absolument pas d’endiguer le phénomène.?Une solution a été étudiée, toujours par la Province, et sera mise en place prochainement.?Il s’agira de réaliser une zone d’expansion des crues d’environ un hectare et demi du côté de La Glanerie. Un accord a également été adopté pour deux zones similaires à réaliser par les autorités françaises au-delà de la frontière. Ce sera la seule manière de lutter contre le phénomène… »

Quant à savoir pourquoi il y a plus d’inondations aujourd’hui qu’avant, Pierre Wacquier suspecte notamment une urbanisation plus importante du côté français et « vraisemblablement, un certain laisser-aller dans l’entretien des cours d’eau de leur côté ».

Mais la première responsable reste incontestablement dame Nature qui, lorsqu’elle décide de reprendre ses droits, le fait sans se soucier des conséquences pour ceux et celles qui un jour, en toute insouciance, sont venus fouler ses plates-bandes...

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