Procès Intradel: le directeur Inova France confirme ses aveux et ses accusations et soutient avoir remis 720.000 euros à Alain Mathot
Les faits sont contestés par Alain Mathot, absent au procès en raison de son immunité parlementaire, mais aussi par certains autres prévenus qui remettent en cause les déclarations de Philippe Leroy.Crédits: ÉdA Hermann
HERSTAL

Procès Intradel: le directeur Inova France confirme ses aveux et ses accusations et soutient avoir remis 720.000 euros à Alain Mathot

D’importants pots-de-vin auraient été versés dans le cadre de la construction à Herstal de l’incinérateur de déchets Uvelia (Intradel) par la société Inova France pour l’intercommunale Intradel. Le directeur d’Inova France a confirmé ses aveux et ses accusations à l’égard d’Alain Mathot.

22 prévenus

La 18e chambre du tribunal correctionnel de Liège a entamé ce mardi le procès relatif aux faits de corruption qui se seraient déroulés dans le cadre de la construction de l’incinérateur Uvelia à Herstal. En tout, 22 prévenus (15 personnes et 7 sociétés) sont poursuivis pour répondre des faits.

Des préventions de faux en écritures commises entre 2005 et 2015, d’organisation criminelle, de corruption, de blanchiment, d’abus de biens sociaux et d’escroqueries ainsi que des infractions relatives aux enchères publiques ont été soulevées contre les différents inculpés de ce dossier. En tout, 22 prévenus sont cités à comparaître, parmi lesquels 15 personnes physiques et 7 sociétés.

D’importants pots-de-vin auraient été versés dans le cadre de la construction à Herstal de l’incinérateur de déchets Uvelia par la société Inova France pour l’intercommunale Intradel. Le directeur général d’Inova France, Philippe Leroy, avait avoué les faits et désigné ceux qui auraient profité de la corruption. Selon lui, Alain Mathot aurait été le principal bénéficiaire de la corruption.

Philippe Leroy soutient qu’il a remis 720.000€ à Alain Mathot, qui conteste

Lors de la première audience consacrée à l’instruction de l’affaire et à son interrogatoire, Philippe Leroy a confirmé ses aveux et ses accusations à l’égard d’Alain Mathot. Il a soutenu qu’il lui avait remis environs 720.000 euros lors de dix ou douze rencontres à Paris.

Les faits sont contestés par Alain Mathot, absent au procès en raison de son immunité parlementaire, mais aussi par certains autres prévenus qui remettent en cause les déclarations de Philippe Leroy et laissent entendre qu’il aurait été bénéficiaire des sommes détournées.

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Des avocats évoquent une enquête exclusivement à charge

Les avocats de certains prévenus poursuivis devant le tribunal correctionnel de Liège dans le cadre des faits de corruption qui se seraient déroulés lors de la construction de l’incinérateur à Herstal ont dénoncé mardi une enquête qui aurait été réalisée exclusivement à charge. Ils ont réclamé la jonction du dossier qui avait permis à Alain Mathot de bénéficier de son immunité parlementaire.

Les avocats de certains prévenus aimeraient que le dossier de la Chambre soit joint à la procédure examinée par le tribunal. «Car les conclusions sont cinglantes: le dossier a été instruit exclusivement à charge par le juge d’instruction. Cette instruction a été réalisée à des dates choisies sur le plan politique», a relevé Me François Dubois.

Selon certains avocats, le procès ne serait pas équitable. Le parquet estime pour sa part que le procès peut se poursuivre. Le substitut a rappelé que la commission des poursuites s’était fondée, pour prononcer sa décision, sur les pièces fournies par Alain Mathot. Ces pièces ne lui avaient pas été soumises dans un débat contradictoire. Le parquet estime que le tribunal dispose de suffisamment d’éléments pour juger le dossier.

Un jugement sur ce point sera prononcé le 19 décembre.

Le procès se poursuivra le 15 décembre par les auditions d’autres prévenus.

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