Le voyage  de Trump: neuf jours de sueurs froides pour ses conseillers
«Des entretiens à hauts risques avec des dizaines de dirigeants du monde dans un environnement qui ne lui est pas familier»: même lui est conscient que le terrain est glissant... DC. / AFP PHOTO / Brendan SmialowskiCrédits: AFP
USA

Le voyage de Trump: neuf jours de sueurs froides pour ses conseillers

Le premier voyage à l’étranger du président Trump est un champ de mines. Même lui s’en rend compte, au point de quitter la Maison Blanche avec des pieds de plomb. De Ryad à Bruxelles, sur quelle marche va-t-il trébucher?

Donald Trump pourrait se sentir un peu soulagé de prendre l’air, au moment où la question d’une procédure d’impeachment commence à se faire insistante.

Mais son premier voyage officiel à l’étranger depuis qu’il a été investi s’annonce délicat. Surtout quand on sait de quoi l’ancien homme d’affaires est capable.

Donald Trump se fait même peur à lui-même, si on en croit le Washington Post. Le quotidien a appris que le président n’a pas trop envie de quitter «son cocon de la Maison-Blanche pour participer à des entretiens à hauts risques avec des dizaines de dirigeants du monde dans un environnement qui ne lui est pas familier».

En même temps, on l’aura peut-être mal informé, mais c’est un peu le job d’un président.

Bref, Ryad, Israël, le Vatican, Bruxelles et la Sicile. Quelles sont les chausse-trapes qui attendent Trump dès demain?

1. L’Arabie Saoudite: 21 mai

Il sera à Ryad dès ce samedi pour le sommet des dirigeants arabes et musulmans du 21 mai. Trump y tiendra un discours sur l’islam. En principe, il doit évoquer le radicalisme, la nécessité de l’affronter ensemble, les espoirs, etc. «Un discours passionnant et direct», annonce Herbert Raymond McMaster, le militaire nommé comme conseiller à la sécurité nationale à Washington. «Le discours vise à rassembler le monde musulman contre les ennemis communs de la civilisation et à démontrer l’engagement de l’Amérique envers nos partenaires musulmans», ajoute McMaster.

Son équipe n’a pas peur du contenu du discours. Mais elle craint une éventuelle sortie improvisée, hors cadre, devant 50 dirigeants arabes.

Sans oublier le spectre de son décret anti-immigration, suspendu, qui visait six pays en majorité musulmans: l’Iran, la Syrie, le Soudan, la Libye, la Somalie et le Yémen.

Le président soudanais, accusé de génocide, ne sera finalement pas présent. Allez, c’est un souci de moins pour Trump.

2. Israël: 22-24 mai

Trump y sera théoriquement en pays ami: Israël, c’est l’allié des États-Unis. Un peu moins sans doute depuis que Trump a fait profiter la diplomatie russe d’informations classifiées qu’il tenait des services de renseignements israéliens à propos de Daech. “C’était la dernière chose dont Nétanyahou avait besoin”, titrait la semaine dernière le quotidien israélien Ha’Aretz.

«J’en avais strictement le droit» (de divulguer ces infos classifiées aux Russes), avait soutenu Trump dans un tweet. Il le répétera probablement si l’Iran s’empare de ces informations, comme le redoutent les renseignements israéliens. Ça va nuire à l’ambiance feutrée des premières rencontres officielles.

Sans parler de ce que peut faire cet éléphant dans un magasin de porcelaine quand il faudra aborder les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Il sera aussi question du déménagement éventuel de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Plus délicat qu’il n’y paraît…

3. Le Vatican: 24 mai

Donald Trump doit être reçu en audience exceptionnelle par le pape François, bien que sa demande ait été envoyée tardivement.

Il pourrait bien être question de cette messe pour le droit des migrants, célébrée en février 2016 par le pape à la frontière USA-Mexique où doit toujours s’élever le fameux mur anti-immigration cher au cœur de Trump. Le pape François avait été clair à ce sujet pendant la campagne américaine: «Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne».

4. Bruxelles: 25 mai

Après le Vatican, droit sur le sommet de l’Otan à Bruxelles. Selon Slate, l’Alliance aurait recommandé aux chefs d’État de l’Alliance de ne pas dépasser 4 minutes de discours, la capacité de concentration de Trump étant limitée. «Ils paniquent comme s’ils se préparaient à gérer un enfant», rapporte Foreign Policy. Entre deux tweets et une partie de Candy Crush, il prêtera tout de même une oreille à ses partenaires d’une Alliance qu’il a déjà qualifiée «d’obsolète».

Il est supposé rassurer sur l’implication de Washington au sein de l’Otan, malgré ses critiques directes sur la part des cotisations de chacun.

Sinon, en mai 2017, pensera-t-il toujours que Bruxelles est un «trou à rats», comme en janvier 2016?

5. Sicile: 26-27 mai

Enfin, un sommet du G7 (les sept pays les plus industrialisés) attend Trump à Taormina, en Sicile. Ce qui l’attend aussi, ce sont des questions, sans doute en réunions bilatérales, sur sa politique de protectionnisme économique et son approche du réchauffement climatique.

Certains sont curieux de savoir…

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