Mon très réussi «mariage en or»
«Gagnez votre mariage»! Cette pub vous fait rêver? Nous avons imaginé ce qui se passe en réalité…Crédits: -
SAUTE D’HUMEUR

Mon très réussi «mariage en or»

Je ne sais pas vous mais je ne suis pas sûr que je voudrais gagner un «mariage en or à 50 000 euros», comme le proposent certains concours.

Parce que bon, inévitablement, ça va se savoir.

Et donc sachant que votre mariage sera généreusement payé par un «sponsor», vous imaginez sans peine les réactions que cela va susciter. Des petites remarques perfides du genre: « je n’imaginais pas ta famille ruinée à ce point». Il va y avoir des réclamations: «Quoi, tu ne m’invites pas alors que ce mariage ne te coûte pas un balle? Mais tu ne m’aimes vraiment pas

Et puis comment va se comporter le «parraineur» qui vous «offre» le package. Vous imaginez vos faire-part « avec le soutien de la Loterie Nationale» ou «cérémonie offerte par les Meubles Mailleux»? Est-ce qu’il va falloir graver son nom sur les alliances?

Et puis fatalement, aucun fournisseur ne va vous faire faire des prix sympas. Le reporter-photographe charger d’immortaliser la journée va aligner ses tarifs sur ceux de Stanley Kubrick!

Même le prêtre va vous dire, de façon doucereuse mais insistante: « ce serait bien que vous ayez un geste pour nos œuvres. Et aussi pour la toiture de l’église qui doit être réparée en urgence. Et aussi pour la rénovation de notre orgue… ».

Comme tout sera censé avoir été payé par un concours, les gens vont se ruer sur les zakouski, piquer les couverts et les verrines. Ils vont se goinfrer et boire comme des trous.

«

Les gens repartiront avec les boissons mais aussi les tonnelles et des tupperwaere de bouffe

»

S’il y a un buffet ensuite, les invités vont remplir discrètement des tupperwaere de bouffe. Et aussi planquer des caisses de vin dans le coffre de leur voiture.

Durant le speech, avant le dessert, ça fera trop bizarre de terminer en remerciant le «parraineur» qui a tout payé!

Restera la soirée..

Elle sera animée par un vague cousin DJ mais qui aura exigé une fortune pour passer des vieux trucs pourris des années quatre-vingt.

Ce sera bondé car des dizaines de pique-assiette auront suivi le fléchage menant au lieu des festivités.

À minuit, l’équipe des serveurs réclamera soudain un supplément carabiné pour «heures supplémentaires», menaçant de tout laisser en plan.

Tout à la fin, les derniers fêtards emporteront ce qu’il reste à boire, mais aussi la déco, les tonnelles et les verres à bière.

On dit souvent «mariage pluvieux, mariage heureux». On devrait dire aussi «mariage gagné, mariage raté».

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