• Les absents ont eu tort...
TOURNAI

Orgue, danse et cathédrale: l’expérience appelle une suite

Le premier «jeudi 2017 de la cathédrale» proposait une alliance inédite entre l’orgue, la danse et l’édifice. Le charme a pleinement opéré.

La question du soir, c’est le créateur de spectacles Luc Petit qui la pose : « Et vous ne faites ça qu’un seul soir ? Tout ce travail, toute cette énergie... »

Une manière de résumer l’impression de tout le public qui s’est senti privilégié de pouvoir  assister à un moment rare. Personne ne pouvait jurer avant le spectacle de la réussite de cette soirée. On devinait bien qu’elle tiendrait la route, les protagonistes sont des maîtres dans leur domaine : Etienne Walhain aux grandes orgues, d’une part, le chorégraphe Xavier Gossuin, d’autre part, entraînant une bonne soixantaine de  danseurs.

Ce qui a emporté l’adhésion,  ce sont les changements de rythmes, de styles, du tout classique aux claquettes en passant par la réinterprétation du Boléro. Ce sont les escapades d’un coin à l’autre de la cathédrale, depuis le porche à l’autel, des galeries à la chapelle Saint-Louis en passant par la nef. Et le public qui suivait. Tout cela avec des éclairages performants soutenant le profane comme le religieux (on songe à  une pieta douloureuse ou des claquettes démoniaques...), le mystère, la profondeur, mais aussi la joie, les bonheurs simples, la légèreté. 

C’est sans doute cela que la soirée a offert... à la cathédrale.  Notre-Dame a déjà souvent exploré d’autres territoires que ceux de la liturgie. Les manifestations spirituelles, culturelles de haute tenue s’y sont multipliées. C’était le cas encore ce jeudi, avec toutefois ce petit plus inattendu : celui de la légèreté des  valses, ou même de danses  gentiment mondaines,  parfois apparentées au folklore de nos vies.

Les échanges sont allés dans tous les sens, car si les danseurs ont proposé une « re-visite » de la cathédrale, celle-ci  leur a offert une multitude d’espaces d’expression inédits. On en viendrait à oublier que tout s’est joué au son de l’orgue. Etienne Walhain, aux claviers et pédalier, a un art consommé  d’emmener son instrument dans des contrées où il ne s’aventure pas en temps ordinaire.
Une soirée totalement aboutie, on l’a dit. Une soirée qui en appelle d’autres. Il y avait sans  doute quelque deux cent cinquante spectateurs. Assez pour que tous ceux qui ont mobilisé leurs énergies sentent la présence du public (qui les a très longuement applaudis) mais franchement trop peu. On a coutume de dire que les absents ont toujours tort. C’est un peu excessif, mais on est certain que beaucoup de Tournaisiens et Wallons picards auraient adoré ce « jeudi de la cathédrale », alliant fraîcheur et profondeur, intensité et optimisme..

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