Les télés locales dénoncent la concurrence déloyale de la RTBF
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Les télés locales dénoncent la concurrence déloyale de la RTBF

La Fédération des télés locales (FTL) a dénoncé mardi les «prix écrasés» pratiqués par la RTBF pour attirer les petits annonceurs locaux ou régionaux, privant ainsi les télévisions locales d’une partie de leurs recettes publicitaires.

La Fédération des télés locales (FTL) a dénoncé mardi les «prix écrasés» pratiqués par la RTBF pour attirer les petits annonceurs locaux ou régionaux, privant ainsi les télévisions locales d’une partie de leurs recettes publicitaires.

«La RTBF essaie d’attirer des annonceurs locaux ou régionaux qui n’ont pas d’intérêt à une diffusion nationale ou régionale mais qui sont attirés par les prix écrasés réalisés par la RTBF», a indiqué Alain Mager, président de la FTL, auditionné devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui planche actuellement sur le futur contrat de gestion quinquennal de la RTBF (2018-2022).

Si pratiquer des remises de 10 à 25% sur la diffusion d’espaces publicitaires est monnaie courante dans le secteur audiovisuel, aller «au-delà de 50%» de remise, comme le pratique selon lui parfois la RTBF, représente une forme de concurrence déloyale par rapport aux télévisions locales.

«Il faut respecter les règles du jeu (...) pour que chacun y trouve son compte», a plaidé M. Mager.

La Fédération Wallonie-Bruxelles compte aujourd’hui 12 télévisions locales et régionales, financées en partie sur fonds publics, tout comme la RTBF.

Si elles se sont longtemps regardées avec méfiance, les télévisions locales et la RTBF ont entamé ces dernières années une série de collaborations fructueuses, comme la mise sur pied de la plateforme internet d’informations locales Vivre ici, ainsi qu’une série d’accords de collaboration et d’échanges d’images.

«Il y a aujourd’hui une volonté de construire ensemble, plutôt que de se regarder en chiens de faïence», a reconnu M. Mager, en place depuis un peu plus d’un an.

Il a toutefois plaidé devant les députés pour que télés locales et RTBF gardent chacune leur spécificité, notamment en limitant les décrochages locaux ou régionaux souhaités par la RTBF. Il a aussi demandé une clarification des rôles de chacun en matière de couverture culturelle.

Les députés ont entendus dans la foulée Frédéric Ledoux, le président de l’union professionnelle des producteurs TV indépendants de Wallonie et Bruxelles (TV Prod).

Selon lui, pour continuer à assurer une production locale propre face au rouleau compresseur des Netflix et autres opérateurs étrangers, la RTBF n’aura d’autres choix à l’avenir que de recourir à davantage de producteurs indépendants, comme le fait déjà massivement la VRT depuis plusieurs années.

Les producteurs indépendants belges francophones génèrent un chiffre annuel de 22 millions d’euros par an, alors qu’en Flandre, il est déjà dix fois supérieur (200 millions d’euros), a-t-il souligné.

Les députés poursuivront mercredi leurs travaux avec l’audition notamment de la RMB, la régie publicitaire de la RTBF.

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