Mais pourquoi un terroriste se fait-il appeler «Le Belge»?
Aux Champs-Elysées à Paris, si vous vous appelez «LeBelge», ne le dites surtout pas!Crédits: -
SAUTE D’HUMEUR

Mais pourquoi un terroriste se fait-il appeler «Le Belge»?

Apparemment, l’auteur de l’attentat de Paris jeudi soir s’appellerait (d’après la revendication de l’État islamiste), «Abu Youssef le Belge». En version originale, ça donne «Abus Youssef al Belgiki». Et il paraît que c’est son «nom de guerre». Et il ne serait même pas forcément Belge!

Et donc je me disais «pourquoi le Belge»? Et puis j’ai réfléchi, ça m’arrive. Et j’ai eu une illumination. C’est parce que «le Belge», ça peut faire vraiment peur. Oui, nous sommes le pays qui désormais inspire la crainte sur la scène internationale.

Non, pas comme la Corée à cause de nos essais nucléaires ou d’une potentielle folie destructrice. Pas comme la Russie à cause de nos chars et de notre esprit impérialiste. Pas comme les USA où Trump pourrait appuyer sur le bouton rouge par distraction, entre la poire et le dessert. Non, c’est parce que les Belges, on est désormais dangereux. Un peu à cause de nos talents, surtout à cause de notre désorganisation et de notre négligence.

 

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Ils ont engagé Marc Wilmots le Belge, parce que ça impressionne les adversaires

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Prenez le nucléaire. Les Allemands ont peur! Ils manifestent là-bas pour qu’on ferme définitivement les centrales en Belgique. Et ici, tout le monde s’en fout. Quand on parle là-bas de notre ministre de l’Energie, c’est «Marie-Christine Marghem la Belge»! On frémit dans certains «länders» à l’énoncé de ce patronyme, on met les enfants à l’abri.

Désormais, les migrants aussi ont peur. Ils se disent entre eux: «Tu irais en Belgique toi, affronter Théo Francken le Belge?». Et l’autre de répondre: «Pas sûr, vu que si t’es musulman, ce gars-là estime qu’il vaut mieux qu’on te laisse te noyer».

«Le Belge», ça fait frémir. Au Kazakstan ou à Waterloo, tout le monde redoute «Patok Chodiev le Belge»! Surtout depuis qu’il a été nationalisé à une vitesse record! En Côte d’ivoire, ils ont engagé «Marc Wilmots le Belge» parce que ça impressionne les autres équipes africaines. Dès que «Claude Moniquet le Belge» apparaît sur les écrans, on sait qu’il s’est passé quelque chose de grave (et qu’il avait prévu). Lorsque les «Frères Dardenne les Belges» débarquent à Cannes, les autres cinéastes sélectionnés savent que les places seront rares au palmarès. Pour en revenir au sport, «Philippe Gilbert le Belge» a semé la terreur durant tout le printemps et en Angleterre, «Lukaku le Belge» dévaste les défenses.

Autrefois, les truands, les gangsters ou les terroristes se faisaient appeler «Le Viking» ou «le Suédois», «Le Chinois» ou encore «le Sicilien».

Cela signifiait une capacité incroyable à être froid, cruel, sadique, implacable. On devinait un être sans pitié.

Puis, ce sont les Balkans qui ont pris la relève. On disait «le Bosniaque», «le Croate» ou plus terrifiant encore «le Serbe».

 

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De même, ce n’est plus Chicago la ville du crime, mais Charleroi la Belge

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Mais aujourd’hui, avec les gaffes à répétition de la police fédérale, le laxisme des services secrets, les nids de radicalisation qu’on a laissé se développer, les sabotages entre niveaux de pouvoir, les fissures dans les centrales, le manque de moyens pour tout, la Belgique, ça fait peur!

Je suis sûr que dans sa prison française Salah Abdeslam se fait appeler «Salah le Belge», suscitant le respect craintif des autres détenus.

Et tout va dans le même sens. Sur le plan international, une cité qui fait peur aujourd’hui, ce n’est plus Chicago mais «Charleroi la Belge». Un lieu qui est synonyme de cataclysme, ce n’est plus Fukushima mais «Doel et Thiange les Belges». Une ville qui sent la criminalité suicidaire et incontrôlable, ce n’est plus Naples ou Marseille mais «Molenbeek la Belge»!

Mais il n’y a pas qu’à l’étranger que la Belgique fait peur! Les Belges eux-mêmes ont peur des Belges! Il leur suffit de voir apparaître «Maggie la Belge», «Charles Michel le Belge», «Daniel Bacquelaine le Belge» ou «Bart De Wever l’anti-Belge» sur leur écran plasma pour qu’ils se disent: « Mon Dieu, mais qu’est-ce qui va encore nous arriver?».

«Le Belge», ça n’évoque plus les pralines, les frites et autres douceurs. C’est le nouveau nom de guerre en vogue, c’est le label qui inspire la crainte!

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