Quand François Fillon en fait trop lorsqu’il évoque l’attentat des Champs-Élysées
FRANCE

Quand François Fillon en fait trop lorsqu’il évoque l’attentat des Champs-Élysées

C’était un exercice difficile. Hier, les candidats à la présidentielle embarqués dans leurs «15 minutes pour convaincre» ont dû adapter leur discours aux événements en cours sur les Champs-Élysées. À cette occasion, François Fillon s’est signalé par un gros manque de précaution.

Bien entendu, c’est très périlleux. Commenter des événements aussi sensibles et angoissants qu’une attaque terroriste, en direct, alors qu’on est là pour exposer, dans la dernière ligne droite, son programme électoral, cela demande de l’expérience, de la prudence, du doigté. Hier, François Fillon, lui, a fait un faux pas.

Dans ces cas-là, il faut coller aux faits. S’en détacher, c’est alimenter la foire aux rumeurs et jouer la carte du discours anxiogène. Ainsi, dans le cours du débat, Jean Lassalle, par exemple s’est fait prendre. Il a fait mention de deux morts. Alors qu’en réalité, il n’y en avait qu’un. Mais à sa décharge, ce chiffre ne venait pas de nulle part. Il avait été donné par un syndicat de police et repris par l’agence Reuters.

 

«

On nous laisse entendre qu’il y a d’autres violences ailleurs dans Paris

»

 

Dans le cas de François Fillon, le dérapage est plus embêtant. Parce qu’il ne se repose que sur des rumeurs. Ainsi dans le fil de la discussion, le candidat déclare: «On nous laisse entendre qu’il y a d’autres violences ailleurs dans Paris». Ce fait ne sera pas vérifié. L’évocation se fait à tort et pose question. Pourquoi en remettre une couche alors que les informations vérifiées sont déjà assez graves comme ça?

Clairement, François Fillon, entend à ce moment-là, dramatiser son intervention. S’il se contente de relayer les informations vérifiées il ne se démarquera pas de ses concurrents. Il cède donc à la tentation facile.

 

 

Épinglons, d’un point de vue lexical, que pour se protéger, François Fillon a utilisé le «on» dans son intervention. Un pronom très impersonnel, qui permet de livrer des informations sans s’engager personnellement, un pronom connu aussi sous le sobriquet de «pronom des menteurs». Son utilisation n’est donc pas à conseiller dans le discours politique où le «je», le «nous» et le «vous» sont bien plus impliquants, clairs et assertifs. Des pronoms d’ailleurs utilisés à foison ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, par tous les candidats.

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