Portrait | Benoît Hamon: bras d’honneur, jusqu’au bout
Benoît Hamon semble adresser une dernière prière à l’électeur: «sauvez-moi des miens»./AFP PHOTO/PASCAL PAVANICrédits: AFP
ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES FRANÇAISES 2017

Portrait | Benoît Hamon: bras d’honneur, jusqu’au bout

Le «frondeur» du PS rêvait de ramener son parti à gauche, avec un programme solidement progressiste, loin de la social-démocratie tiède où Hollande et Valls l’ont égaré. Mais Benoît Hamon s’est planté. Trahi en interne, incapable de vendre son projet, il continue pourtant à y croire. Même s’il ne prie plus que pour une chose: atteindre au moins 10% dimanche.

Le PS lui a fait payer sa victoire surprise à la primaire. Benoît Hamon a passé toute sa campagne à enregistrer les trahisons de ses ennemis internes. Et s’est fait doubler sur sa gauche par le candidat de la «France insoumise», un Jean-Luc Mélenchon bien plus charismatique que lui. Il avait pourtant une carte intéressante dans sa manche, une proposition forte, qu’il est le seul candidat à défendre: le revenu universel.

Si Hamon a multiplié les erreurs durant cette campagne, la principale fut, sans doute, de mettre ce projet-là sous l’éteignoir. N’avait-il pas les arguments pour le défendre, n’y croyait-il pas lui-même? Il a, semble-t-il, voulu donner des gages aux socio-démocrates au sein du parti, afin de les rallier à sa bannière. Piètre calcul: ce fut l’hémorragie, en dépit des promesses. Valls en tête, nombre de «camarades» du PS ont choisi de soutenir le «socialisme de Rothschild» d’Emmanuel Macron. Le jeune loup qui, dénonce Hamon, a lancé «une OPA sur l’Élysée».

Les derniers sondages donnent Hamon à 7 ou 8%. Les carottes semblent cuites. Mais il feint encore d’y croire, gardant un dernier espoir dans les 12 millions d’électeurs indécis. Pas question, non plus, de se soumettre à Jean-Luc Mélenchon. Son seul défi, c’est ne pas se retrouver sous la barre des 10%, dimanche.

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Ses lieutenants

Mais qui soutient encore Benoît Hamon? Le candidat du PS ne compte plus les élus socialistes qui clament leur préférence pour… Emmanuel Macron. Allez, il en reste au moins trois: ses fidèles Hanotin et Cherki, et Martine Aubry.

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Son programme

Outre le revenu universel, le programme de Benoît Hamon regorge d’idées intéressantes. Mais il a surtout une tonalité: «Je serai le garant d’une République bienveillante et humaniste», clame-t-il, s’opposant à la France «du repli».

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