• Coffs Harbour a été euthanasié après une grave blessure au départ d'une course à l'hippodrome de Ghlin
MONS

Mons: un cheval euthanasié à l'hippodrome de Wallonie, tollé sur la toile

Ce lundi, un cheval a dû être euthanasié suite à une grave blessure avant le départ d'une course à l'Hippodrome de Wallonie. Des internautes s'insurgent et crient au scandale. Les responsables de l'hippodrome se défendent

Sale temps sur les réseaux sociaux pour l'Hippodrome de Wallonie, situé à Ghlin (Mons). Lundi dernier, un cheval a dû être euthanasié après un grave incident. Au départ d'une course, l'animal nommé Coffs Harbour s'est gravement blessé dans une boîte de départ. Un animal "connu pour avoir un caractère très sot sot", explique-t-on à la direction de l'hippodrome, encore sous le choc après cet accident extrêmement rare. "En une quinzaine d'années, je n'ai jamais connu ça", lâche la coordinatrice de l'hippodrome Agnès Goffin.

Que s'est-il passé au juste? "Une fois entré dans sa boîte de départ, le cheval a commencé à s'énerver, à se cabrer et sa jambe est passée entre deux portes, qui s'est fracturée, juste avant le départ de la course, avec d'autres chevaux tout autour. Nous devions rapidement prendre une décision, qui a été de lâcher les chevaux". D'où une première volée de bois vert de la part des internautes: que la course se soit déroulée malgré ce grave accident.

"Il fallait agir vis-à-vis des autres chevaux. Ils voient un des leurs qui casse tout, ils se demandent ce qui se passe. Puis ils sentent l'odeur du sang..." justifie Agnès Goffin. Une décision urgente s'impose: "on a ouvert, on a estimé qu'il fallait libérer les chevaux, ils étaient 14 l'un à côté de l'autre". Pour les responsables, il était primordial d'éviter que la panique ne se propage.

Après le départ de la course, Coffs Harbour est sorti de la boîte et est emmené hors du champ de course, à pied, avec sa fracture ouverte. "La direction de ce dit hippodrome a obligé Coffs Harbour à traverser tout le champs de course par ses propres moyens en souffrant le martyre, sans bâches pour cacher la misère au public. Sans oublier que le dit vétérinaire a mis une éternité pour honorer l'assemblée de sa présence et mettre fin aux souffrances de Coffs Harbour", s'insurge sur sa page Facebook l'éleveuse du cheval.

Agnès Goffin: "vous pensez qu'un cheval avec une fracture ouverte, on peut le faire monter dans un van et lui faire grimper la pente? C'est tout aussi improbable et barbare. De plus, le cheval était sous adrénaline, complètement surexcité, comme n'importe qui subirait une blessure pareille. Nous avons donc pris la décision de le sortir de sa boîte et de l'emmener sur un terrain plus calme pour que le propriétaire et l'entraîneur puisse prendre la décision la plus sage le concernant".

10 minutes avant l'euthanasie

Et vu l'ampleur de la blessure, l'issue fatale s'est rapidement dessinée: "Avec une fracture ouverte au-dessus du genou, il avait peu de chance de survivre. Il faut savoir qu'un cheval, ça dort sur ses 4 jambes. Même s'il avait pu être soigné, il y a de fortes chances qu'il déprime et qu'il se soit laissé mourir par la suite".

Quand au temps d'intervention du vétérinaire pour procéder à l'euthanasie, jugé trop long par l'éleveuse de la bête, Agnès Goffin répond: "vous croyez que le vétérinaire se promène sur le site avec sa seringue pleine? Une fois la décision prise, il a dû aller chercher le produit et procéder à l'euthanasie. En tout, cela a pris 10 minutes. Je mets au défi quiconque d'avoir une ambulance dans un laps de temps inférieur."

Après l'euthanasie, la dépouille du cheval s'est retrouvée le long d'un chemin, à vue, de longues heures durant. Là aussi, le web crie au scandale. "Nous avons appelé la société d'équarissage dans la foulée. Mais personne ne répondait comme c'était lundi de Pâques. Nous avons rappelé le lendemain, mais leur agenda était complet, on nous a dit mercredi, entre 5h et 20h, en nous demandant de placer la dépouille à la limite de propriété, dans un endroit à vue. Nous n'avons fait que respecter les consignes de la société. Au final, la dépouille est restée là moins de 24h".

Pas de bonnes décisions

Et de comparer l'incident à ce qui peut se produire quand un cheval meurt chez un particulier. "Dans certains cas, il faut traîner le corps à rue, attaché à un tracteur ou un 4X4, car la société d'équarissage ne va pas chercher la dépouille au fond d'une prairie. Le corps se retrouve alors en lambeaux. Nous avons déposé la dépouille de Coffs Harbour avec un bras téléscopique le mardi soir et elle était dans un bon état quand elle a été enlevée". 

Les responsables ont-ils géré ce grave accident de la bonne façon? "Chaque option avait son revers. Si on avait mis le cheval dans un van et qu'il était tombé à la renverse, on nous aurait aussi traité de barbares. Dans ce genre de cas, il y a toujours un revers, quelque soit la décision prise". 

Si l'hippodrome peut comprendre les réactions de tristesse des internautes, se faire traiter de bourreau, ça passe néanmoins difficilement. "Nous aussi cet accident nous attriste. Quand on est dans le sport équestre, c'est qu'on aime le cheval, on fait ça aussi par passion, on aime voir ces athlètes sur nos courses". 

Cet incident aura en tout cas montré que la sécurité n'est pas infaillible et a mis l'angle sur une faille dans le système. "On essaye de tout mettre en oeuvre pour la résoudre, les équipes se sont déjà réunies à ce sujet". Les boîtes de départ ont moins de deux ans et sont matelassées. Peut-on encore les améliorer? Ou faut-il accepter que le risque 0 n'existe pas? 

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