Col du fémur: deux fractures par minute
En Belgique, chaque année, on enregistre environ 15 000 fractures du col du fémur. Et les chiffres vont encore augmenter.Crédits: BELGA
Belgique

Col du fémur: deux fractures par minute

Ce qui vient d’arriver à la reine Paola est le lot de milliers de femmes et d’hommes chaque année. Les fractures du col du fémur sont en augmentation constante, en Belgique comme dans toute l’Europe.

 

1. Pourquoi surtout les femmes?

 

Les fractures du col du fémur ne concernent pas que les femmes. Les hommes en souffrent aussi. Le roi Albert en est la preuve vivante: il est passé par là dix ans avant sa femme, en juin 2007. Le rapport serait de 3 femmes pour 2 hommes.

Ceux-ci ne sont en effet pas à l’abri de l’ostéoporose qui fragilise les os et facilite ces fractures. Les risques augmentent après la ménopause pour les femmes, après l’andropause pour les hommes, avec la chute d’hormones. Ce qui fait la différence entre les genres, c’est l’âge du risque: après 50 ans chez la femme (moins d’œstrogènes, moins de calcium dans le squelette, donc moins de résistance dans les os), après 70 ans chez l’homme (moins d’androgènes, etc.).

Globalement, 50% des femmes et 30% des hommes souffriront d’une fracture ostéoporotique dans leur vie, qu’elle se situe dans les vertèbres (comme la reine Paola en décembre), dans le radius au niveau du poignet ou dans le col du fémur.

 

2. C’est quoi, le col du fémur?

 

C’est la partie supérieure de l’os de la cuisse qui s’emboîte dans le bassin. Le col est la partie la plus mince de l’extrémité. Les fractures peuvent se situer en plusieurs endroits de cette partie de l’os.

 

3. Une fracture forcément provoquée par une chute?

 

Trébucher sur un tapis, heurter le bord d’un trottoir, perdre l’équilibre… C’est la plupart du temps une chute qui provoque la fracture. Mais à 90 ans, Yolande s’est retrouvée au sol d’un seul coup, sans trébucher sur rien. «J’étais debout, immobile, et la seconde suivante, j’étais par terre», raconte-t-elle. Dans son cas, c’est probablement le col qui s’est rompu spontanément et qui a entraîné la chute. C’est le cas dans 20% des fractures du col du fémur.

 

4. Quelle fréquence?

 

En Belgique, on recense environ 15 000 fractures du col du fémur chaque année. Selon l’Unité de recherche sur le métabolisme de l’os et du cartilage de l’ULg, en Europe, on enregistre une fracture du col du fémur due à l’ostéoporose toutes les 30 secondes. La pathologie est de plus en plus fréquente. Simplement parce que la population vieillit (la fracture intervient le plus souvent à partir de 75 ans) et que l’alimentation n’est pas suffisamment équilibrée dans nos vies d’Occidentaux.

 

5. Quels traitements?

 

C’est la table d’opération qui attend les patients: soit pour une prothèse totale ou partielle de la hanche, soit pour une tige et des vis qui vont permettre de consolider le fémur. Ce qui les attend, c’est aussi une immobilisation. Et ça complique le retour à l’autonomie: moins on bouge, plus on a peur de bouger, d’être bousculé, de perdre à nouveau l’équilibre, etc. Et le retour à l’autonomie pleine et entière ne concerne qu’un tiers des patients. Par ailleurs, la mortalité reste lourde (près de 20% de décès dans le mois qui suit l’intervention) à cause des complications souvent dues à l’âge. Davantage encore chez les hommes.

 

6. Quelle prévention?

 

Actuellement, le dépistage précoce de l’ostéoporose est simple. Un examen de densitométrie osseuse permet de faire le point sur l’état de porosité des zones critiques (vertèbres, fémur, etc.). Or, plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge peut être utile. Le processus peut en effet être ralenti. À plus long terme, l’exercice physique permet non seulement de réduire les chutes mais aussi leurs conséquences. Une bonne alimentation reste aussi un facteur déterminant dans la prévention, avec un bon apport en calcium et en vitamine D (la plupart des Belges sont carencés en vitamine D), etc. Éviter les abus d’alcool, de caféine et de tabac.

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