Ouvrir des chambres d’hôtes, le choix de vie de Serge et Guido
Serge Schoonbroodt (à gauche), illustre organiste, et Guido Vonck, taxonome de formation, ont choisi de recevoir des touristes chez eux, à Liège.Crédits: ÉdA Hermann
Liège

Ouvrir des chambres d’hôtes, le choix de vie de Serge et Guido

PORTRAIT | Serge Schoonbroodt et Guido Vonck ont aménagé deux chambres d’hôtes dans leur maison du quartier Sainte-Marguerite, à Liège. Chaque mois, ils reçoivent une cinquantaine de réservations.

 

NOTRE SÉRIE | Chaque semaine, L’Avenir part à la rencontre d’un(e) Liégeois(e) qui a décidé d’ouvrir sa maison aux touristes. Ces propriétaires de chambres d’hôtes proposent une offre touristique alternative. Cette semaine, Serge Schoonbroodt et Guido Vonck nous accueillent dans la Villa Thibault.

 

La Villa Thibault, du nom de l’architecte l’ayant imaginée à la fin du XIXe siècle, est profondément enracinée dans la Cité ardente. Parce qu’elle se dresse au pied de la rue Hullos, sur le Publémont, cette colline historiquement au cœur de la ville. Mais aussi parce qu’elle a conservé tout son cachet, plantée à l’intersection de deux quartiers: le populaire quartier Sainte-Marguerite et le mont Saint-Martin, sensiblement plus cossu.

C’est là qu’ont choisi de s’installer Serge Schoonbroodt et Guido Vonck, pour y ouvrir des chambres d’hôtes: une première en 2013, une deuxième en 2015 et sans doute une troisième dans le courant de cette année.

Ouvrir des chambres d’hôtes, le choix de vie de Serge et Guido
Dès son arrivée, le visiteur se retrouve face à une porte en bois et actionne une cloche pour signaler sa présence. C’est tellement mieux qu’une sonnette électrique… Photo: ÉdA Hermann

Il s’agit d’un choix de vie. «Auparavant, nous habitions à Warsage. Nous avons entrepris de nous installer à Liège, spécifiquement pour y ouvrir nos chambres d’hôtes. Je pourrais écrire un roman, rien que sur l’aventure de l’achat. Nous sommes tombés au beau milieu de la crise financière, la banque est tombée en faillite… Je ne vous raconte pas les tracas», se souvient Serge Schoonbroodt, organiste renommé à Liège et bien au-delà.

Serge et Guido vivent dans cette maison et y accueillent les touristes, mélangeant de la sorte le domicile privé et l’activité. «Nous sommes très attachés à cette spécificité des chambres d’hôtes: le fait de recevoir chez soi, l’échange, le dialogue». Clairement, les touristes préférant l’anonymat d’une chambre d’hôtel n’y trouveront pas tous leur bonheur.

 

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Les gens qui viennent chez nous doivent le savoir: on partage notre maison, on échange beaucoup. Soit ça marche, soit ça ne marche pas.

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À la Villa Thibault, on discute autour de la table du petit-déjeuner. Les discussions peuvent se prolonger des heures durant. «Je parle beaucoup. Beaucoup trop», plaisante d’ailleurs Serge. «Les gens qui viennent chez nous doivent le savoir: on partage notre maison, on échange beaucoup. Soit ça marche, soit ça ne marche pas. Et sincèrement, je serais capable de proposer à des gens de quitter la maison pour un hôtel en ville, si le courant ne passait pas du tout.»

Ouvrir des chambres d’hôtes, le choix de vie de Serge et Guido
La Villa Thibault est dotée de nombreux meubles de récupération. Photo: ÉdA Hermann

Le couple joue la carte de la franchise et cela paie. «Avec nos deux chambres, nous avons actuellement 45 à 50 réservations chaque mois. On ne s’imaginait pas cela avant de se lancer», expliquent-ils. Avec le ménage, l’accueil, les petits-déjeuners, la gestion des locations et tout le reste, «cela devient éreintant. Parfois, nous avons envie de réduire un peu l’activité», d’autant plus que tous deux ont une activité professionnelle.

Paradoxalement, ils s’apprêtent à inaugurer une troisième chambre, à l’arrière de la villa. «Elle est encore en chantier», prévient Guido Vonck, originaire de Maastricht. La brique est apparente, les chambres sont vastes, le potentiel des lieux est considérable.

Ouvrir des chambres d’hôtes, le choix de vie de Serge et Guido
Une des chambres a été aménagée sous la toiture, les briques et la charpente demeurant apparentes. Photo: ÉdA Hermann

«Lorsque nous avons acheté la maison, même si des faux plafonds et autres aménagements avaient été installés, nous avons vite senti son potentiel», poursuit Guido, qui se charge des transformations et de l’aménagement.

«J’aime que la structure demeure apparente», explique-t-il. Raison pour laquelle la première chambre est restée mansardée, sous la magnifique charpente. Après, le parachèvement est fait de meubles de récupération, d’objets de natures différentes, placés avec goût dans l’espace de la chambre, en évitant une forme de saturation.

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Le contemporain et le rustique se côtoient dans la chambre. Photo: ÉdA Hermann

«Les clients nous expliquent que l’atmosphère de la chambre est agréable, qu’il y a une cohérence dans la déco.» Guido lui-même ne cherche pas à comprendre cette alchimie, «j’ai simplement associé des objets d’univers très différents», depuis les sièges jusqu’aux luminaires, en passant par les radiateurs en marbre et le tapis en peau de vache.

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Un abat-jour fabriqué par Guido à l’aide d’emballages d’oranges. Photo: ÉdA Hermann

Le cachet du bâtiment, l’originalité de ses aménagements pensés par Guido et les conversations soutenues par Serge confèrent beaucoup de caractère à la Villa Thibault. Une sorte de grâce se ressent dès que l’on franchit le seuil, due sans doute à toute la passion investie par les hôtes dans leur maison.

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Photo: ÉdA Hermann

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La Villa Thibault se trouve au pied de la rue Hullos, dans le quartier Sainte-Marguerite. À quelques mètres de la maison s’étend le joli parc Sainte-Agathe, inauguré en 2015. Photo: ÉdA Hermann

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