Le nourrissage artificiel du grand gibier interdit dès l’automne en Wallonie
Belgique

Le nourrissage artificiel du grand gibier interdit dès l’automne en Wallonie

Le nourrissage artificiel du grand gibier (sangliers et cerfs en particulier), répandu chez les exploitants de chasses privées, sera interdit dès le 1er octobre prochain. Le but est de mieux protéger l’agriculture et les forêts, annonce le ministre wallon Carlo Di Antonio (cdH).

De 1990 à 2010, la population de sanglier a triplé en Wallonie, passant de 8.500 animaux à 24.500, selon des chiffres du ministre de l’Agriculture, de la Nature et de la Forêt. Celle des cerfs a doublé et est désormais estimée à 12.700 individus, précise Carlo Di Antonio dans La Libre.

« Cette surpopulation provoque divers déséquilibres mais aussi de nombreux dégâts, notamment aux cultures et aux forêts. Des conditions climatiques moins rigoureuses et l’augmentation généralisée de la disponibilité alimentaire expliquent cette recrudescence », commente le ministre.

Le nourrissage artificiel et intensif du gibier concentre par ailleurs les grands gibiers sur des zones plus restreintes, aggravant ainsi le déséquilibre faune-flore.

Deux exceptions

Deux exceptions seront provisoirement tolérées à cette interdiction du nourrissage artificiel du grand gibier en Wallonie et ce, uniquement au sud du sillon Sambre et Meuse.

La première concerne le nourrissage « supplétif » de cerfs entre le 1er novembre et le 30 avril lors d’épisodes hivernaux rigoureux (foin de graminées et/ou de légumineuses, dont le foin de Luzerne).

La seconde a trait au nourrissage « dissuasif » des sangliers, visant à protéger les récoltes durant leurs différents stades végétatifs. Cela concerne, entre le 1er avril et le 30 septembre, des situations spécifiques rendant ce nourrissage provisoirement nécessaire et uniquement en distribution manuelle par dispersion d’orge avec ou sans ajout de pois.

Moins de danger sur les routes

Pour Carlo Di Antonio, l’interdiction permettra de mieux protéger l’agriculture et la forêt des dégâts de gibier, garantissant ainsi les intérêts économiques des propriétaires et exploitants agricoles et forestiers.

Elle permettra aussi d’enrayer la diminution de la diversité des espèces végétales et animales et de rétablir un équilibre faune-flore compatible avec les fonctions économiques et sociales de la forêt.

La lutte contre la « colonisation néfaste » des milieux périurbains par le sanglier s’en trouvera renforcée, tandis que les risques pour la sécurité publique, et particulièrement la sécurité routière, seront réduits, ajoute le ministre régional.

A noter que le petit gibier (perdrix, faisans, etc) n’est pas visé par l’interdiction. Son nourrissage supplétif artificiel restera autorisé toute l’année, uniquement en agraînoirs protégés et inaccessibles au grand gibier.

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